Face à la démographie croissante et aux perturbations économiques liées aux ressources énergétiques, les gouvernements des nations développées ont mis en place des incitations pour limiter la consommation énergétique des foyers. Dans le secteur du bâtiment, cela se traduit par des règlementations thermiques, en particulier la récente RT 2020, qui demande aux nouvelles constructions en France de produire plus d'énergie qu'elles n'en consomment.
Pour atteindre cet objectif, l'amélioration des performances d'isolation est essentielle. C'est ici que l'isolation thermique par l'extérieur (ITE) entre en jeu.
Les avantages de l'isolation par l'extérieur
Le succès de l'ITE repose sur des principes efficaces. Les matériaux utilisés dans la construction, tels que le béton ou la brique, peuvent stocker chaleur et froid, ce qui entraîne des échanges thermiques indésirables. Pour remédier à cela, il est courant d'ajouter une couche isolante sur les murs internes. Cependant, cette méthode laisse encore passer des calories et des frigories, impactant le confort de vie.
En plaçant l'isolant à l'extérieur, la chaleur et le froid sont largement atténués avant d'atteindre le mur, maintenant ainsi la température intérieure plus constante, et réduisant les échanges thermiques. Cette approche minimise les ponts thermiques, qui peuvent représenter jusqu'à 15 % des déperditions énergétiques, contribuant ainsi à un environnement intérieur plus agréable.
En somme, l'ITE augmente le confort de vie tout en permettant des économies substantielles d'énergie.
Quand opter pour l'isolation thermique par l'extérieur ?
Pour les projets neufs, il est crucial d'évaluer différents facteurs architecturaux. Bien que l'ITE réduise les ponts thermiques, elle n'est pas efficace face aux transmissions thermiques par certains éléments comme les dalles de balcon ou les surfaces vitrées. Une étude thermique est donc recommandée pour valider cette méthode d'isolation, surtout pour des constructions avec de larges baies ou des balcons en béton.
En matière de rénovation, depuis la loi de 2017, toute reconfiguration de toiture ou aménagement de locaux habitables doit inclure l'isolation thermique par l'extérieur si elle concerne plus de 50 % de la surface des façades (hors ouvertures). Des exceptions existent pour les monuments historiques, certains contraintes légales, ou des surcoûts manifestes.
Les techniques d'isolement des murs par l'extérieur
Les systèmes d'ITE se composent d'une couche de matériaux isolants fixés mécaniquement ou collés sur le mur porteur. Leur efficacité repose sur :
- une résistance thermique élevée tant à la chaleur qu'au froid ;
- une diminution des ponts thermiques ;
- une protection des matériaux structurels contre les intempéries ;
- une réduction des risques de fissuration due aux déformations ;
- une valorisation à la revente de l'habitation.
Voici les types d'ITE les plus courants :
- Façade ventilée : réputée pour son efficacité, elle se compose d'une armature support et d'une couche isolante, permettant une circulation d'air qui améliore la régulation thermique.
- Façades chaudes : utilisant des plaques d'isolant rigides, elles créent une barrière thermique efficace, surtout pendant des périodes froides.
- Techniques alternatives : tels que les doubles murs ou enduits écologiques, qui offrent des solutions variées selon les besoins spécifiques.
Les coûts et aides disponibles pour l'ITE
L'ITE est généralement considérée comme une méthode coûteuse, mais elle permet de donner une nouvelle vie à la façade des bâtiments pour plusieurs années.
Les prix peuvent varier largement, oscillant entre 60 et 100 €/m², selon le matériau choisi, le type d'isolant, et les finitions souhaitées.
Pour ceux dont la maison est âgée de plus de 2 ans et qui font appel à un professionnel RGE, plusieurs aides financières sont envisageables :
Aides générales :
- TVA réduite à 5,5 % pour les travaux dans les résidences, plus d'informations sur economie.gouv.fr.
- MaPrimeRénov, remplaçant le Crédit d'Impôt pour la Transition Énergétique, disponible sur maprimerenov.gouv.fr.
- Éco-prêt à taux zéro (Éco-PTZ), pour le premier investissement énergétique. Plus de détails sur servicepublic.fr.
Aides soumises à conditions de revenus :
- Les aides de l'Anah pour l'amélioration de l'habitat ancien, renseignements sur leur site.
- Action Logement pour les salariés à revenus modestes, détails sur actionlogement.fr.
- Les certificats d'économies d'énergie proposés par les fournisseurs d'énergie, variés selon les projets.
- Les chèques énergie destinés aux foyers à faible revenu pour couvrir les frais énergétiques et travaux, plus d'infos sur chequeenergie.gouv.fr.
Par ailleurs, certaines collectivités locales offrent des subventions ponctuelles. Il est conseillé de consulter votre mairie ou le site anil.org pour des informations locales concernant les aides disponibles.







