Afin de réaliser 40 milliards d'euros d'économies d'ici 2026, le gouvernement explore plusieurs pistes, touchant potentiellement les 17 millions de retraités en France. Les déclarations récentes d'Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, soulignent une volonté de ne pas financer indéfiniment les nouvelles dépenses sociales liées au vieillissement. Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes, a également évoqué la nécessité d'impliquer les pensionnés dans cette quête d'équilibre financier.
Une des solutions envisagées, déjà discutée l'année dernière, est la désindexation des retraites sur l'inflation, mesure instaurée depuis 1987. Moscovici a indiqué que cette indexation ne favorisait pas la création d'un système durable. Il a donc plaidé pour une indexation partielle sur les salaires, qui pourrait fournir une solution plus équilibrée, semblable aux approches adoptées par certains pays européens.
Quel impact d’une désindexation des retraites sur l’inflation ?
Les retraites ont récemment été revalorisées, mais elles n’ont pas suivi l’augmentation des salaires, ce qui a suscité des inquiétudes concernant le pouvoir d’achat. En janvier 2023, une augmentation de 0,8 % a été accordée aux retraites tandis que les salaires ont grimpé de 4,1 % en 2023. Un passage à une désindexation signifierait que les retraites pourraient ne plus suivre les hausses des prix, menaçant ainsi le pouvoir d'achat des retraités.
L'indexation des retraites sur les salaires, une mesure d'équité générationnelle ?
Pour la Cour des comptes, indexer les retraites sur les salaires pourrait instaurer une justice intergénérationnelle, exposant les retraités aux mêmes risques économiques que les actifs. Cela constituerait une démarche vers une solidarité entre générations, comme l’a déjà proposé le think tank Terra Nova. Toutefois, cette mesure pourrait conduire à une augmentation significative des dépenses publiques, surtout pendant les périodes de forte croissance économique. En Allemagne, ce modèle tient compte non seulement de l’évolution des salaires, mais aussi du ratio entre retraités et cotisants, assurant ainsi une certaine stabilité du système à long terme.







