Le ralentissement démographique n'entraîne pas une baisse proportionnelle des moyens : entre 10 % et 30 % des enseignants étaient en grève mardi pour s'opposer aux fermetures de postes et réclamer une revalorisation salariale, rassemblant plusieurs milliers de manifestants dans les rues.
Éric Mampaey, secrétaire régional Unsa éducation en Paca, s'est exprimé à Marseille où 800 personnes, incluant 200 lycéens, ont défilé. « On supprime des postes alors qu'une baisse démographique aurait pu être l'occasion d'améliorer les conditions d'enseignement », a-t-il déploré.
À Paris, la banderole « Non aux suppressions de postes ! Des moyens pour l'école publique », a résonné dans les rues, où des milliers de manifestants ont convergé vers le ministère de l’Éducation nationale.
D'après les chiffres du ministère, 9,68 % des enseignants se sont mobilisés, tandis que l'intersyndicale (FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD) revendique une mobilisation de 25 %, soulignant une disparité régionale significative.
Aurélie Gagnier, secrétaire générale du SNUipp-FSU, a noté des mobilisations notables, notamment dans le premier degré. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, a rappelé que cette journée de grève s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes pour le secteur éducatif.
- Une menace de suppression de 4.000 postes -
Cette journée a marqué un point culminant dans une semaine d’actions à travers le territoire, avec une menace de suppression de 4.000 postes d'enseignants d'ici 2026, dont 1.891 dans le primaire. Le ministère défend ces décisions par un constat de baisse démographique.
Le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a affirmé qu'ils cherchent à « aborder progressivement la diminution du nombre d'élèves par classe » afin d'éviter une pénurie de professeurs dans quelques années. Cependant, Erwan Desnos, de la CFDT éducation, souligne que cette baisse des moyens est trop marquée, indépendamment de la démographie.
Claire Fortassin, co-secrétaire du Snes-FSU 93, a mentionné des inégalités flagrantes dans le financement de l'éducation en Seine-Saint-Denis, affichant une volonté d'investissement à la hauteur des besoins du territoire.
Des manifestations ont également eu lieu à Paris, où 500 personnes se sont rassemblées contre les 172 fermetures de classes envisagées dans le primaire.
- Un appel à l'urgence éducative -
À Clermont-Ferrand, 200 personnes ont exprimé leur inquiétude face à la suppression de 105 postes. Armelle Sunier, enseignant, a fait remarquer que « la baisse démographique aurait pu être l'occasion d'avoir davantage d'effectifs » pour soutenir les élèves en difficulté.
À Lyon, la mobilisation a révélé les inquiétudes sur les coupes dans les établissements spécialisés pour les élèves en situation de handicap. Nathalie Rougane-Ghilardi a qualifié ces mesures d'« aberrations ».
À Toulouse, environ 300 personnes ont dénoncé les classes surchargées, faisant référence au modèle éducatif performant des pays avec des effectifs limités.







