Une agricultrice partiellement relaxée après un incident d'écobuage à Asson

Une agricultrice est condamnée après un feu pastoral qui a dévasté des hectares à Asson.
Une agricultrice partiellement relaxée après un incident d'écobuage à Asson
Près de 20 000 hectares font l'objet de chantiers d'écobuage chaque année dans les Pyrénées-Atlantiques © Radio France - Joshua Metivier

Le tribunal de Pau a rendu son verdict ce mardi 31 mars, condamnant une agricultrice à 8 000 euros d’amende avec sursis pour dégradation involontaire par incendie. Cette décision fait suite à un écobuage mal contrôlé qui a eu des conséquences désastreuses en janvier 2024, lorsque les flammes ont ravagé environ 35 hectares autour d'Asson. Bien que le tribunal ait considéré qu'il y avait eu une négligence en matière de sécurité, l'agricultrice a été relaxée pour ce qui touchait à l'habitat d'une espèce animale, a rapporté France Bleu.

Josie Pommies, l'agricultrice en question, avait reçu le soutien d'un large éventail de collègues éleveurs, ainsi que du Président de la Chambre d'Agriculture des Pyrénées-Atlantiques. Elle devra également verser 1 000 euros de dommages à la Sepanso, une association de protection de la nature qui s'était portée partie civile. Jean-Pierre Pommies, son mari et éleveur, a exprimé son indignation après le jugement : "Nous savons ce que nous avons fait, et surtout ce que nous n’avons pas fait. On n’a pas porté atteinte à la montagne ; l’écobuage est vital pour entretenir ces espaces."

Une opposition grandissante entre détracteurs et défenseurs d'une pratique ancestrale

Les débats qui ont eu lieu lors de l’audience ont mis en lumière les conditions dans lesquelles le feu avait été initialement planifié. L’agricultrice a affirmé avoir respecté toutes les normes, en déclarant l'opération aux pompiers. Malheureusement, le feu avait repris après le départ des agriculteurs, compromettant ainsi leur projet. Cette constatation a été corroborée par l’Office français de la biodiversité, qui a souligné que le dispositif de surveillance était insuffisant pour gérer efficacement deux zones d'écobuage éloignées. Le manque de ressources humaines dédié à cette surveillance a également été mis en avant. Selon la procureure, il s'agissait de négligences sans intention malveillante.

Ce cas soulève des questions plus larges quant à la gestion des pratiques traditionnelles face à des exigences contemporaines en matière de sécurité et de protection de l'environnement. La tension continue de croître entre ceux qui défendent les méthodes agricoles ancestrales et les impératifs de préservation qui s’imposent de plus en plus dans notre société.

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