Des signes alarmants surviennent en France alors que plus de 300 stations sont en rupture de gazole, rééveillant des craintes bien ancrées. L'attrait des prix plafonnés par Total Énergie attire une foule d'automobilistes, aggravant ainsi l'épuisement des stocks.
À la fin du mois de mars, la situation s'aggrave : de nombreuses stations subissent déjà des pénuries. Le gazole, en particulier, connaît de sérieux problèmes, avec près de 300 stations en rupture, un chiffre trois fois plus élevé que la normale. Par ailleurs, jusqu'à 69 % des stations peuvent être dépourvues de SP95 dans certaines régions, selon les données de Pénurie Carburant. Cette crise touche de nombreux départements, y compris les Bouches-du-Rhône, le Nord et la Haute-Garonne.
Stations Total : victimes de leur succès
La situation est exacerbée par des phénomènes très localisés. Certaines stations du groupe TotalÉnergies voient leurs réserves s'épuiser, en partie à cause de leur attractivité tarifaire. Les prix bas attirent une clientèle nombreuse, ce qui accélère l'écoulement des stocks et crée des ruptures.
Cette peur de la pénurie entraîne des comportements d'achat frénétiques, semblables à ceux observés lors de précédentes crises. Selon un employé de Total interrogé par La Dépêche, "la spéculation exacerbée par le contexte géopolitique crée une psychose, poussant les consommateurs à acheter en excès, aggravant ainsi la pénurie".
Les tensions internationales en toile de fond
Les conflits au Moyen-Orient, surtout autour du détroit d'Ormuz, pèsent lourdement sur le marché, suscitant des inquiétudes supplémentaires. Bien que la France ait des réserves stratégiques et que des mesures aient été prises pour stabiliser l'approvisionnement, le mécontentement demeure palpable dans le secteur. L'Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) a annoncé une opération escargot sur le périphérique de Paris le lundi 30 mars, ajoutant une pression supplémentaire sur les autorités.
Le gouvernement a récemment annoncé un plan d'aide de près de 70 millions d'euros pour soutenir les secteurs affectés par l'augmentation des coûts, mais certains acteurs jugent cela insuffisant. Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires, a déclaré sur RMC/BFMTV : "Bien que cela aide les agriculteurs pour le gazole, le coût de l'engrais, qui dépend également des prix internationaux, va leur coûter plus cher, ce qui impactera leurs marges".
Une pénurie généralisée encore écartée
Les autorités rassurent pour le moment : bien que des déséquilibres temporaires existent dans certaines régions, l'approvisionnement reste généralement stabilisé. Par exemple, certaines stations de TotalÉnergies n'étant pas ouvertes le week-end, il est donc attendu que des automobilistes se retrouvent avec un réservoir vide dimanche soir.
Les prix des carburants continuent d'augmenter légèrement, selon les données gouvernementales. Au lundi 30 mars, le prix moyen du gazole s'établissait à 2,23 euros le litre, contre 1,720 euro le 27 février, un chiffre préoccupant dans le contexte actuel.
Une réunion est prévue à Bercy avec les distributeurs pour faire un point sur la situation. En parallèle, d'autres pays, comme le Royaume-Uni, envisagent déjà des mesures de rationnement face à la menace d'une pénurie.







