Les enseignants de toute la France sont en alerte, protestant cette semaine contre les fermetures de classes et la menace de suppressions massives de postes. Un courriel laconique a mis en émoi les parents d'élèves, comme Valérie, dont le fils n'a pas pu aller à l'école dans le XXe arrondissement de Paris. « Je suis pour la grève, mais là on a été prévenus un peu tard », confie-t-elle. Comme elle, des milliers de parents ont dû s'organiser en catastrophe pour trouver une solution de garde en découvrant la mobilisation prévue pour le 31 mars.
Ce mouvement est parti d'un ras-le-bol face aux 4 000 suppressions de postes d'enseignants annoncées pour la rentrée prochaine, selon le Parisien. Dans plusieurs villes, des opérations « collège mort » ont été mises en place pour dénoncer cette situation, comme à Brive ou à Rouen, où l'absence massive d'élèves a marqué les esprits des responsables éducatifs.
Des classes surchargées redoutées
Les syndicats redoutent une détérioration des conditions d'enseignement, avec des classes qui risquent de dépasser les 30 élèves. Julien Essahli, professeur d'histoire-géographie à Rouen, s'inquiète du surcroît de pression sur les enseignants existants : « On est déjà à des niveaux d'effectifs alarmants. » En région lyonnaise, un groupe d'établissements a même formé le Collectif pour les lycées en éducation prioritaire (Clep) pour défendre leurs intérêts et obtenir plus de ressources. Parmi eux, Gaëtan Le Porho, enseignant de philosophie à Gennevilliers, s'emporte : « Nous allons perdre des heures de cours essentielles pour la formation des élèves, c'est inacceptable », souligne-t-il.
Une mobilisation attendue
Avec 15 % des écoles fermées et un taux de grévistes attendu à 30 %, la mobilisation s'annonce massive. Aurélie Gagnier, porte-parole de la FSU-SNUipp, décrit une situation préoccupante qui pourrait toucher des départements comme la Seine-Saint-Denis ou les Yvelines. « Les suppressions de classes impactent directement les conditions d'enseignement et l'accompagnement des élèves à besoins spécifiques », prévient-elle. Alors que la situation continue de se dégrader, enseignants et parents restent en alerte, espérant que leur voix sera entendue.







