"On nous a demandé d'évacuer car nous risquions d'exploser", se remémore Maria, encore choquée, alors qu'elle prenait un verre à la brasserie l'Aragon, au boulevard des Pyrénées, ce samedi 29 mars. Vers 16h30, les forces de l'ordre ont bouclé la zone située entre la Banque de France et la place Royale, empêchant l'accès pendant près de deux heures. "J'ai vu beaucoup de policiers passer, équipés et casqués, courant dans toutes les directions. Les explosions résonnaient, j'avais vraiment peur. J'en ressens encore des frissons. La police nous criait de nous éloigner rapidement. Tout ce que je voulais, c'était fuir", poursuit-t-elle, ayant laissé ses affaires sur la terrasse par mégarde. Un individu s'étant barricadé dans son appartement a informé les pompiers, tenant des propos incohérents et affirmant être armé, allant même jusqu'à menacer de "tout faire sauter". Selon le parquet de Pau, le liquide déversé par cet individu ne serait pas de l'essence. La police a précisé qu’il avait demandé l'intervention du RAID, une unité d'élite.
Kenza, gérante du Tabac Presse "Henri IV" situé juste en dessous du logement en question, témoigne : "Des policiers sont montés rapidement dans l'immeuble et nous ont ordonné de fermer le magasin et de sortir tout le monde immédiatement". Pour Biljana, serveuse au café "Le Café Russe", le chaos est semblable : "La police a demandé à nous rassembler à l'intérieur pour protéger nos clients. Ils étaient une soixantaine. Dix minutes plus tard, ils ont ordonné l'évacuation totale". Rapidement, un grand déploiement policier a eu lieu, incluant des véhicules d'"urgences gaz" permettant d'établir un périmètre de sécurité, éloignant les habitants et les curieux du boulevard. L'électricité et le gaz ont été suspendus dans l'immeuble pendant que les 15 résidents ont été évacués et abrités temporairement à la brasserie l'Aragon, requisitionnée pour la durée de l'opération.
Après deux heures de négociation intensive avec un homme ayant un historique psychiatrique, la brigade a pu entrer lorsque celui-ci a entrouvert la porte. Il a ensuite été pris en charge dans un service des urgences psychiatriques. Le maire de Pau, Jérôme Marbot, est arrivé sur les lieux pour constater le déroulement de l'opération. Le périmètre de sécurité a été levé vers 18h30, permettant un retour à la normale dans cette zone habituellement animée.







