Dans le département de l'Aveyron, une journée d'action est programmée ce mardi 31 mars, partant de la zone d'Arsac à Sainte-Radegonde jusqu'à Rodez. Les routiers s'engagent dans une "opération escargot" pour exprimer leur mécontentement face à l'"inaction du gouvernement" face à l'envolée des prix du carburant, qui met en péril les entreprises du secteur.
Depuis le 4 mars, la flambée des prix des carburants, influencée par le conflit au Moyen-Orient et les actions des États-Unis et d'Israël vis-à-vis de l'Iran, complique déjà la situation des transporteurs. Frédéric Domenge, secrétaire départemental de l'association Otre (Organisation des Transporteurs Routiers Européens), ne cache pas son inquiétude : "la situation devient trop compliquée. Elle se dégrade de jour en jour".
Ce mardi, les routiers se rassembleront à partir de 7h30 à la zone d'Arsac, utilisant la rocade en direction de Rodez. Leurs représentants rencontreront la préfète de l'Aveyron pour exprimer leurs doléances. "Depuis plusieurs semaines, nous demandons des mesures d'urgence, mais nous ne sommes pas entendus. Le secteur ne restera pas spectateur de sa propre disparition. Si aucune solution n'est proposée, nous n'excluons pas d'autres actions plus musclées", avertit Frédéric Domenge.
D'après le secrétaire départemental, "pendant que d'autres pays européens protègent leurs transporteurs en agissant directement sur le prix des carburants, rien n'est fait en France". C'est un cri du cœur pour un secteur en souffrance, face à des refus persistants de l'État d'intervenir de manière significative.
Des solutions encore inadaptées
Les associations de transporteurs continuent de rencontrer des membres du gouvernement pour "trouver des solutions à cette crise". Frédéric Domenge propose des mesures telles qu'une aide forfaitaire par véhicule, semblable à celle mise en place en 2022, pour compenser les pertes accumulées. Il prône également une remise immédiate sur le carburant pour répondre efficacement à cette crise actuelle.
Le vendredi précédent, le gouvernement a dévoilé une première réponse, mais celle-ci est limitée à trois secteurs : le transport routier, la pêche et l'agriculture. Les aides se chiffrent à 50 millions d'euros pour les TPE/PME du secteur routier, soit environ 20 centimes par litre, mais cela reste insuffisant, selon les professionnels. "Les entreprises de transport sont déjà fragilisées par une conjoncture difficile et des trésoreries délicates", signale Frédéric Domenge. Il dénonce des solutions comme des reports de charges ou des prêts garantis par l'État, qui ne font que creuser encore plus les dettes des sociétés.
En Aveyron, le secteur du transport, associé au tourisme, représente 2 400 emplois répartis sur environ 190 entreprises. "Ce tissu économique dense peut rapidement se dégrader si nous ne prêtons pas attention", insiste Domenge. Contrairement à la précédente crise liée au début du conflit en Ukraine, la demande est aujourd'hui inférieure à l'offre, mettant ainsi en péril les fondements mêmes du secteur.







