Cinq jours après leur élection, Christophe Barthès à Carcassonne et Anthony Garenaux-Glinkowski à Harnes, tous deux membres du Rassemblement national (RN), viennent d'initier des changements marquants dans leur municipalité. Ce geste, emblématique d'un souverainisme marqué, vise à marquer le retour d'une France qui affirme son identité face à l'Europe.
Christophe Barthès, qui a récemment pris ses fonctions à Carcassonne, ne perd pas de temps pour signaler un tournant dans la gestion municipale. En l'espace d'une semaine, il a déjà approuvé un arrêté anti-mendicité et a fait retirer le drapeau européen de l’hôtel de ville, le remplaçant par deux drapeaux français, dont une bannière occitane, illustrant un attachement à la culture locale.
« Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français ! » a-t-il déclaré dans une vidéo partagée sur X, traduisant ainsi des sentiments nationalistes croissants au sein du RN.
Pareillement, à Harnes, Anthony Garenaux-Glinkowski, âgé de 34 ans et récemment élu au premier tour, a également agi dans le même sens. En plus de retirer le drapeau de l’UE, il a descendu la bannière ukrainienne, symbole de soutien, affirmant ainsi qu'« un seul drapeau doit flotter sur les bâtiments publics » selon La Voix du Nord.
Aucune réglementation pour pavoiser les mairies
D'un point de vue légal, il convient de noter qu'il n’existe pas de cadre législatif précis régissant le pavoisement des édifices publics. Seules la tradition républicaine et les usages sont pris en compte, selon les services de l’État. Ils insistent néanmoins sur l'importance du drapeau français, qui devrait flotter en permanence devant les mairies.
En effet, lorsque le drapeau européen est présent, il se doit d'être disposé à droite du drapeau tricolore, à gauche pour ceux qui regardent le bâtiment. Les préfets peuvent également demander aux maires de pavoiser selon les circonstances, notamment lors de célébrations officielles.
Ces initiatives dans les mairies de Carcassonne et Harnes évoquent un passé plus que critique à l'égard de l'Europe, une caractéristique du Front national, anciennement la formation politique du RN. À un moment donné, ce mouvement avait même prôné le Frexit, la sortie de la France de l'Union européenne.
Florian Philippot, qui était l'un des plus fervents partisans de cette initiative et vice-président du FN jusqu'en 2017, continue de défendre cette position. Il a récemment exprimé sur X : « Retirer le drapeau européen de la façade de la mairie c’est bien. Retirer la France de l’UE : c’est (beaucoup) mieux ! » Cette déclaration révèle l'engagement programmatique encore palpable chez certains membres du RN.







