DANS LES ARCHIVES - Le 6 juillet 1952, Antonio Ordóñez s'est vu décerné l'Oreille d'or à Bordeaux, lors d'une confrontation mémorable face à Luis Miguel Dominguín, célébrée dans un mano a mano devant des taureaux de Piedad Figueroa. Analyse de cet événement marquant, enrichie de commentaires d'experts.
La corrida de l'Oreille d'or de cette année-là a retenu un vif intérêt, soulignant l'importance de ces deux artistes, reconnus comme les meilleurs de leur époque. L'issue de ce duel a été une véritable apothéose pour Antonio Ordóñez, dont la prestation, déjà remarquable, a conquis le cœur du public. Sa performance lors de la corrida du 22 mai précédent a sans doute accru l'attente autour de cet affrontement, qui s'est déroulé sous un soleil radieux.
Bien que sérieusement blessé en juin, lors de la corrida de Bienfaisance à Madrid, Ordóñez a fait preuve d'un courage exceptionnel en honorant son engagement. La plaza du Bouscat était presque pleine, prête à accueillir cet affrontement tant attendu.
Initialement, les toros de Domecq étaient prévus, mais en raison de leur état physique, l'organisateur a dû se tourner vers un lot provenant de l'élevage de doña Piedad Figueroa. Bien que la présentation des animaux ait été acceptable, leur caractère a manqué de bravoure. Cela a permis à nos deux matadors de briller, bien qu'aucun ne soit réellement mis à l'épreuve.
Un Luis Miguel décevant
Dominguín, vêtue de blanc et d'argent, n’a pas réussi à offrir son meilleur visage. Bien qu'il ait présenté quelques passes de qualité, il a également trop souvent hésité, donnant au public l'impression d'un manque d'engagement. Malgré quelques moments brillants, tels que ses passes de banderilles, son travail global n'a pas suffi à avantager son score.
Antonio Ordóñez ovationné
À l'inverse, la performance d'Ordóñez, vêtue de bleu et or, a été couronnée de succès. Grâce à un toreo authentique et captivant, il a su séduire le public, récoltant des ovations et des récompenses. Les experts s'accordent à dire que sa technique et son élégance lui ont permis de réaliser une grande faena, couronnée par une estocade magistrale qui lui a valu les deux oreilles.
Ce duel au sommet a non seulement entretenu la flamme de la tauromachie, mais il a également façonné la mémoire collective des passionnés. Les taureaux côtoyés par ces artistes étaient certes de moins bonne qualité, mais cela n'a en rien diminué le spectacle offert. Les non-amateurs ont peut-être été déconcertés, mais pour les aficionados, cette corrida est entrée dans la légende.







