Durant près de quinze ans, une femme a fait le choix de vivre recluse dans les forêts des Cévennes, une décision qui a suscité des débats au sein de la vallée. Le film "Sauvage" retrace cette histoire singulière.
Le réalisateur Camille Ponsin a récemment présenté son film à Nîmes, après une première projection à Alès lors du festival Itinérances. La sortie en salles est prévue pour le 8 avril.
Inspirée de faits réels, cette œuvre évoque la vie d’Anja, qui, pendant une quinzaine d'années, a trouvé refuge dans la forêt cévenole, loin du monde humain. Son unique lien avec la société était sa mère, qui a tenté de garder le contact en lui fournissant nourriture et vêtements.
« des faits qui nous parlent »
Lors de la séance, Francis et Dominique, un couple d’habitants de la région, attendent avec impatience d’entrer dans la salle. Ils déclarent : « Nous avons des racines cévenoles. Cette histoire nous touche d’autant plus que nous avons une maison dans la vallée française. Nous avons hâte de voir comment tout cela est représenté. »
« Anja, c’était une enfant de la vallée que nous avons tous croisée », raconte le réalisateur. « Dans ses premiers temps d’errance, elle se rendait souvent chez mes oncles. Elle restait un moment, puis repartait, toujours plutôt discrète. »
Avec le temps, les interactions d'Anja avec les habitants ont progressivement diminué. Sa mère, faisant partie d’un groupe de néoruraux des années 70, était la seule à maintenir un lien. Selon une source locale, elle déposait régulièrement dans la forêt des biens pour sa fille.
Cependant, la vie d'Anja a pris un tournant difficile. Après avoir perdu son refuge, elle a commencé à s'introduire dans des maisons inoccupées, laissant derrière elle des lieux sens dessus dessous. Les plaintes des villageois, exaspérés, ont finalement créé des divisions au sein de la communauté.
Placée en institution
« Cette histoire a profondément touché tout le monde. Certains voulaient la laisser vivre en paix, d'autres souhaitaient que l'on intervienne », partage Camille Ponsin. Dans un souci de compréhension, il a choisi de présenter divers points de vue, incluant celui de la mère, avec qui il correspond depuis plusieurs années.
Aujourd'hui, Anja, désormais dans la trentaine, a quitté la vie en plein air. Son errance s'est achevée après l'intervention des gendarmes fin 2023. Le réalisateur, qui a rencontré Anja fin janvier, partage quelques nouvelles à son sujet.
« Actuellement, elle est en institution. Elle apprend à s'adapter à sa nouvelle vie. Ce n'est pas facile, mais les médecins restent optimistes, même s'ils précisent que cela prendra du temps. » En ce qui concerne le film, « elle ne l'a pas encore vu et ne désire pas le faire pour l'instant. » Ce dimanche, le cinéaste, fier de ses racines cévenoles, continuera ses projections à Sainte-Croix-Vallée-Française (Lozère).







