Le centre de santé Human Santé, implanté à Figuerolles à Montpellier, fait face à une possible fermeture. Cette structure fait partie des 26 SECPA, Structures d'Exercice Coordonné Participatives, ciblées par le gouvernement souhaitant réaliser des économies. Ces centres expérimentaux, établis dans des communautés défavorisées, permettent un suivi médical global, mêlant santé physique, psychologique et sociale, sous la direction d'usagers et de professionnels de différents horizons.
Un centre vital pour ses habitants
Claudine, 52 ans, témoigne de l'impact profond de Human Santé sur sa vie : "Je n'avais plus d'espoir et je prévoyais de mettre fin à mes jours. Human Santé, c'est mon phare". Sa renaissance est due aux soins qui lui ont été prodigués depuis quatre ans, notamment grâce à l'accompagnement d'équipes variées, incluant des médecins et des psychologues. Le centre compte actuellement 1.300 patients suivis par ses médecins généralistes. Des activités régulières favorisent également la cohésion sociale et la sensibilisation sur des thèmes tels que le droit des femmes et la nutrition. Selon Elena Solé, usagère et présidente de l'association gérant le centre, la fermeture serait incompréhensible : "C'est un modèle de médecine que d'autres structures devraient adopter, avec une approche holistique où les praticiens collaborent ensemble, loin de l'isolement habituel des cabinets."
Un arrêt en octobre ?
Initialement prévue pour arrêter en octobre, l'expérimentation a vu son échéance repoussée grâce aux efforts des 26 centres similaires. La perte du statut de SECPA compromettrait le financement de Human Santé, qui dépend de l'État à hauteur de 300.000 euros chaque année, soit près de la moitié de son budget. Camille Picard, coordinatrice, souligne la gravité de cette situation : "Ce soutien permet de financer des postes essentiels au-delà des consultations, incluant l'interprétariat téléphonique."
Pour les professionnels tels que Camille Delescluse, médecin salariée, le travail en équipe est crucial : "Si mes collègues sont licenciés, je ne resterai pas. Notre patientèle est diverse, avec des situations complexes et le soutien de chacun est indispensable pour fournir des soins adéquats."
Pour tenter de sauver leur statut, les SECPA ont lancé une pétition qui a recueilli plus de 26.000 signatures. Bien que ces centres coûtent 14 millions d'euros par an à l'État, cela reste dérisoire face aux 21 milliards d'euros de déficit de la Sécurité sociale prévu en 2025.







