Face à une augmentation des attaques d'ours sur les troupeaux, la préfecture a décidé de renforcer les mesures d'effarouchement dans l'estive d'Ourdouas, dans le Couserans. Un arrêté, signé le 22 juin dernier, autorise des tirs de prévention pour essayer d'éloigner ces animaux des zones d'élevage. Cette décision fait suite à une nouvelle attaque survenue mi-juin malgré l'application de mesures de protection.
Selon les informations fournies par La Dépêche du Midi, les éleveurs ont signalé en moyenne treize attaques par an au cours des dernières saisons. Le seuil de la tolérance aurait donc été dépassé, incitant l'État à agir. Les agents de l'Office français de la biodiversité auront ainsi l'autorisation d'utiliser des fusils de calibre 12 munis de cartouches à double détonation, sans recourir à des munitions létales.
L'estive au cœur des préoccupations
La préfecture justifie cette démarche en rappelant que l'estive est cruciale pour l'économie locale. La nécessité de protéger les éleveurs représente un des justificatifs qui permet de contourner la protection stricte de l'ours, une espèce toujours sous surveillance. "L'objectif est de prévenir des pertes significatives pour les exploitations agricoles", souligne le document officiel.
Les opérations auront lieu uniquement lorsque les ours seront repérés à proximité immédiate des troupeaux, garantissant ainsi une intervention ciblée. Cette réglementation vise à assurer une coexistence pacifique tout en réaffirmant la nécessité de préserver l'espèce. La population d'ours dans les Pyrénées est estimée entre 109 et 143 individus, une situation qui, selon les experts, ne devrait pas être compromise par ces nouvelles mesures.
Nicolas Dupont, expert en écologie, mentionne que "l'effarouchement renforcé doit être perçu comme un outil parmi d'autres pour assurer la cohabitation. Tant que la population d'ours est maintenue à un niveau durable, ces méthodes peuvent être utiles". L'équilibre entre la protection de l'environnement et les intérêts économiques locaux demeure un sujet de débat animé.
En conclusion, alors que la préfecture insiste sur la bonification des mesures de protection sans affecter la conservation de l'espèce, de nombreux acteurs du terrain s'interrogent sur la meilleure voie à suivre pour garantir une coexistence harmonieuse entre l'ours et les éleveurs pyrénéens.







