À Béziers et Montpellier, comme dans de nombreuses villes françaises, des réunions ont rassemblé un grand nombre de personnes ce lundi. Ces manifestations ont été orchestrées par une coalition d'associations et de syndicats pour dénoncer les manquements du système judiciaire, à l'instar de l'affaire de Lyhanna. Cette jeune collégienne de 11 ans, tragiquement retrouvée morte en juin dernier dans le Gers, avait déjà attiré l'attention sur de graves dysfonctionnements judiciaires. Le principal suspect, connu pour ses antécédents concernant des enfants mineurs, faisait l'objet de multiples signalements et d'une plainte, mais cela n'avait pas suffi à éviter le drame.
Lorène Russel, fondatrice de l'association nationale l'Enfant Bleu, a pris la parole lors de ces rassemblements. Elle a souligné l'importance d'une mobilisation accrue : "C'est indispensable qu'elle prenne de l'ampleur". Russel, qui a elle-même été victime de maltraitance, a plaidé pour un changement significatif dans la protection de l'enfance, insistant sur le fait que "sans la pression populaire, on n’arrivera à rien".
Mobilisation nécessaire à travers la France
Russel a également abordé le fait que les mobilisations différentes à travers la France sont essentielles pour apporter une pression suffisante afin de faire évoluer les lois. Elle a mentionné la nécessité de faire adopter une "loi intégrale" pour véritablement garantir la sécurité des enfants.
Elle a mis en lumière un fait troublant : "Les tribunaux français croulent sous le poids des dossiers.À Béziers, seulement quatre policiers gèrent actuellement 800 affaires de violences sur les enfants". Cela soulève la question des ressources allouées à la protection infantile et des conséquences désastreuses pour les victimes.
La portée de cette mobilisation est d'autant plus pressante que le procureur de la République de Montpellier a annoncé sur ICI Hérault que toutes les plaintes classées sans suite dans le département seraient rouvertes avant le 14 juillet, ce qui a été requis par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. "Rouvrir 70 000 dossiers est une tâche titanesque, alors que 20 enfants subissent des violences chaque heure", a ajouté Russel.
"Il est irresponsable de mettre une telle pression sur les procureurs sans fournir des ressources adéquates. Les enfants sont souvent le dernier souci de ce système", a-t-elle conclu, rappelant l'urgence de l'action.
Depuis 2019, Lorène Russel a fondé une nouvelle association dédiée à la lutte contre les violences physiques et psychologiques envers les femmes et les enfants. Elle accompagne les victimes dans leur cheminement vers la guérison et la reconnaissance, restant un pilier essentiel dans cette lutte.







