Le film de Sarah Descargues, mettant en lumière la ferme biologique de ses parents à Saint-Céré, sera projeté au Festival de Cannes. En seulement une minute trente, cette talentueuse Lotoise de 21 ans a réussi à capter l'attention de l’association Moteur !, qui a choisi son œuvre parmi des dizaines d'autres pour cette prestigieuse vitrine cinématographique, prévue le 21 mai prochain.
« J’ai été inspirée par mon père, éleveur près de Saint-Céré. J'ai toujours voulu reprendre la ferme, sans que mes parents ne me poussent ni ne me découragent. Ils ont simplement reconnu mon talent artistique », explique Sarah avec passion.
Dès son enfance, elle se met en scène en jouant au cinéma, filmant des vaches et écrivant des scénarios. Ce rêve se précise durant le confinement, moment où elle profite pour s’interroger sur son avenir et cultiver sa passion pour le cinéma. Elle rejoint ensuite la spécialité théâtre au lycée Bossuet de Brive (Corrèze), avant de poursuivre sa formation aux cours Florent, tout en étudiant l'Audiovisuel à la Sorbonne.
Mais un nouvel enjeu se profile à l'horizon : l'annonce de la retraite de ses parents, prévue pour fin 2025. Sarah souhaite alors immortaliser le travail de ses parents et ses racines. « Je désire témoigner de notre histoire », affirme-t-elle.
En attendant la version longue ?
Pour cela, elle n’hésite pas à utiliser son appareil photo dès l’hiver 2025. Les images qu’elle capture lui parlent. Un documentaire émerge alors, que son père soutient, « parce que c’était moi », confie-t-elle. Elle décide de filmer les trois dernières saisons de la ferme, ouvrant un dialogue sincère avec sa famille. « Je voulais aussi faire entendre une voix féminine dans un secteur largement masculin », ajoute-t-elle, soulignant que son exploitation est gérée par trois femmes et un homme.
En découvrant le concours Moteur !, qui célèbre cette année ses dix ans, Sarah se lance avec une minute trente de film. Ce concours a pour but de motiver les jeunes entre 14 et 22 ans à progresser et à gagner en confiance. « Être lauréate a été une immense surprise ! C’est un honneur de représenter ma terre au festival. Mes parents sont des artistes, des artisans de la terre. Je suis passée de l’agriculture à la culture, mais je reste une artisane, une cultivatrice d’humanité. » Cette distinction marque pour elle le début d’une aventure, avec l’ambition de produire une version intégrale de son documentaire.







