À la suite de l'interdiction de vente de produits alimentaires au CBD en France depuis le 15 mai, des producteurs et commerçants ariégeois expriment leur indignation. Pour eux, cette décision soulève des questions sur la cohérence de la législation.
Loïc Pireau, gérant d'une boutique à Saint-Girons, parle d'une réglementation "magique" qui lui semble incompréhensible. Depuis 2017, il commercialise des fleurs de chanvre, notamment sous forme de tisanes. "Ils prétendent vouloir protéger la santé, mais autorisent les produits à fumer. C'est une hypocrisie totale !" déclare-t-il.
Alain Baschenis, producteur de chanvre à Saint-Paul-de-Jarrat, partage ce sentiment. Après des mois de préparation pour lancer une gamme de tisanes, il se retrouve bloqué, incapable de vendre ses produits. "J'ai investi du temps et de l'argent, et voilà que tout est stoppé", déplore-t-il.
Une perte de 40 % du chiffre d'affaires
La loi, qui renforce la réglementation européenne sur les nouveaux aliments, s'applique de manière stricte en France. Les produits contenant du CBD, comme les huiles ou les bonbons, nécessitent désormais une autorisation difficile à obtenir. De nombreuses références disparaissent des rayons, entraînant une perte de revenus conséquente pour les professionnels. Loïc Pireau estime que ces produits représentaient 40 % de son chiffre d'affaires.
Alors que la vente de fleurs brutes de chanvre reste autorisée, les producteurs se heurtent à une incompréhension accentuée par le fait que d'autres pays européens appliquent davantage de flexibilité à cette réglementation. "La France est particulièrement rigoureuse comparée à nos voisins", souligne Baschenis.
Déconstruire les clichés sur le chanvre
Les deux hommes insistent sur l'image erronée souvent associée au cannabis. "Ces produits attirent un public varié, notamment des seniors cherchant des remèdes naturels aux douleurs", explique Alain Baschenis. Il déclare également que l'amalgame entre cannabis et THC nuit à leur image professionnelle.
Dans leurs boutiques, Pireau et Baschenis encouragent la vaporisation plutôt que la combustion, promouvant une approche plus saine de l'utilisation du CBD. Ils soupçonnent que les décisions politiques pourraient être influencées par des intérêts économiques, exacerbant encore plus leur frustration.
Une tradition en péril
Dans cette région où la culture du chanvre a une histoire séculaire, ce changement législatif est perçu comme une menace. "On a l'impression qu'il y a une volonté de faire disparaître notre produit", conclut Baschenis. Face à cette situation, certains commerçants envisagent des méthodes alternatives pour contourner la législation, mais l'avenir de leur activité reste incertain.







