Un ancien vice-président chargé de l'instruction au tribunal judiciaire de Marseille se retrouve aujourd'hui devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), après avoir été reconnu coupable de fraudes répétées sur les péages autoroutiers. Condamné à quatorze mois de prison avec sursis et à une amende de 16 000 euros, il est désormais confronté à un risque de révocation de la part du ministère de la Justice, comme l'indique Le Parisien.
À 47 ans, ce magistrat a activement fraudé les péages durant près de deux ans, utilisant une stratégie ingénieuse connue sous le nom de "petit train". Cette méthode consistait à suivre de très près un véhicule à la barrière de péage, évitant ainsi le paiement. Une enquête a mis en évidence 173 passages frauduleux au tunnel Prado-Carenage à Marseille et 23 autres sur le réseau autoroutier Vinci.
Les investigations ont également révélé que l'accusé avait déposé de fausses plaintes pour usurpation de plaques d'immatriculation, une manœuvre destinée à contester les amendes reçues. Les faits n'auraient jamais été exposés si le magistrat n'avait pas, par inadvertance, grillé un feu rouge devant des gendarmes, entraînant une enquête qui a révélé des incohérences dans ses données d'immatriculation.
Une défense complexe
Face au CSM, le magistrat a exprimé sa honte et a tenté de justifier ses actes en évoquant un traumatisme psychologique résultant de l'attentat de Nice en 2016. Bien qu'il ait été en charge de la gestion de la crise à cette époque, un expert psychiatre a remis en question cette défense, soulignant que l'attentat s'est produit huit ans avant le début des fraudes.
La représentante du garde des Sceaux a insisté sur la gravité des manquements, affirmant qu'ils rendent impossible la poursuite de sa carrière. Le CSM rendra sa décision dans les semaines à venir, laissant ainsi en suspense le sort de cet homme, autrefois respecté dans le milieu judiciaire.







