Les organisateurs du plus grand festival de photojournalisme au monde ont levé le voile sur une partie du programme de sa 38ème édition, prévue à Perpignan à partir du 29 août. Cette année encore, 250 000 visiteurs sont attendus pour un voyage visuel riche en émotions.
Lors d'une conférence de presse récente, 17 des 25 expositions à l'affiche ont été présentées. "Certaines sont particulièrement troublantes", a déclaré Delphine Lelu, directrice adjointe du festival. Parmi les œuvres notables figure une exposition de Jérôme Gence consacrée aux mariages virtuels au Japon, interrogeant les notions de solitude et de famille à travers le prisme de la culture pop. "Ces unions s'effectuent souvent avec des personnages fictifs, ce qui soulève des questions profondes sur notre société", a-t-elle ajouté.
La scène photographique internationale sera également représentée avec le travail poignant de Paolo Roversi, une icône de la photographie de mode, qui évoquera l'Inde dans ses œuvres.
Comme chaque année, les photoreporters de guerre seront mis à l'honneur avec des expositions illustrant les conflits au Liban, au Soudan et en Ukraine. Delphine Lelu a souligné la difficulté d'obtenir des images d'Ukraine et d'Iran, citant les risques encourus par les photographes sur le terrain. "Le journal Le Monde a diffusé certaines images anonymement, reflétant la gravité de la situation", a-t-elle précisé.
Une liberté réelle de choix
Malgré l'absence de certaines thématiques, notamment sur Gaza, qui avaient suscité des controverses par le passé, Lelu a assuré que la programmation n'est pas influencée par des considérations politiques. "Nous restons fermement attachés à la qualité photographique et à notre liberté de choix. Nous avons reçu de nombreux travaux sur le Liban cette année, que nous avons jugés dignes d'être exposés".
En 2025, le festival avait attiré plus de 240 000 visiteurs, dont 23 000 scolaires, et cette année, l'entrée sera à nouveau gratuite. Pierre Conte, le président de l'association, a souligné l'importance de cette accessibilité : "Rendre le festival payant serait indécent. Nous avons une mission démocratique et il est crucial d'aider le plus grand nombre à accéder à ces œuvres, indépendamment de leur statut social".







