Entre 150.000 et 250.000 tonnes de pommes de terre ont été produites en excédent dans la Somme pour la saison 2025/2026, créant ainsi une véritable préoccupation pour la filière. La FDSEA de la Somme lance un appel à la prudence pour les campagnes à venir.
Cette année, au niveau local, près de 200.000 tonnes de ces tubercules restent sans preneur. À l’échelle nationale, l’excédent s’élève entre 1 et 2 millions de tonnes. Dès février, le Comité national interprofessionnel de la pomme de terre avait alerté sur cette situation délicate, exhortant les producteurs à se montrer raisonnables. Cette surproduction impacte fortement toute la chaîne de valeur et oblige les acteurs du secteur à explorer de nouveaux débouchés, indique ICI Picardie.
Un producteur inquiet partage son expérience
Simon Catteau, agriculteur à Sailly-Laurette, témoigne de sa lutte quotidienne. Avec 20% de sa production de pommes de terre bio qui restent invendues, il raconte, "J'avais la boule au ventre, avoir un lot de pommes de terre et ne pas savoir quoi en faire, c’est beaucoup de temps passé et de l'argent engagé." Confronté à cette réalité, il a offert ses excédents à l’association Solaal pour soutenir les plus démunis.
Quant à sa production de pommes de terre conventionnelles, il souligne une plus grande rigueur chez les industriels : "Ils cherchent des pommes de terre irréprochables. J'ai récemment eu trois camions déclassés, et beaucoup de producteurs voient leurs camions refusés." Cette situation engendre des coûts supplémentaires, obligeant les agriculteurs à gérer leurs stocks de manière proactive.
Des alternatives pour réduire les pertes
Pour dépasser cette crise, plusieurs solutions sont envisagées. En premier lieu, la consommation alimentaire est encouragée, avec un appel aux Français pour intégrer plus de pommes de terre dans leurs repas. Les dons à des associations sont également mis en avant. Cependant, les capacités d’absorption par l'alimentation animale sont limitées, et la méthanisation émerge comme un levier important. Si aucun débouché n'est trouvé, certaines pommes de terre pourraient être enfouies, une solution à laquelle la FDSEA 80 s’oppose fermement, la qualifiant de "la pire des solutions".
Face à cette crise, le syndicat exhorte les producteurs à faire preuve de prudence pour les saisons futures : "Planifiez uniquement ce qui est certain d'être vendu, ne cédez pas à la tentation d'agrandir vos surfaces." C’est un appel à une réforme des pratiques agricoles afin de garantir la viabilité de la filière à long terme.







