Ce lundi à 6 heures, le syndicat UFAP-UNSA a lancé un blocage à la prison de Perpignan, dénonçant ce qu'ils appellent "un crachat en pleine figure" face à la situation actuelle. Alors que l'établissement compte une quarantaine de postes vacants sur 203, la direction interrégionale a décidé d'allouer 11 nouveaux postes de surveillants à plusieurs établissements d'Occitanie, mais aucun n'est attribué à Perpignan.
Les surveillants voient leurs heures de travail s'accumuler, avec une moyenne de 36 heures supplémentaires par mois. Une surveillante brigadier-chef témoigne anonymement : "On n'est pas suffisamment pour lutter contre une recrudescence de la violence. Nous avons de plus en plus de détenus avec des problèmes psychologiques, tant pour leur sécurité que pour la nôtre." Selon un rapport du quotidien La Dépêche, la situation est devenue insoutenable pour ces professionnels de la sécurité.
117 matelas au sol à la maison d'arrêt
Les agents rapportent également une aggravation des agressions, tant verbales que physiques. "Je passe au tribunal presque tous les mois", souligne Nicolas Mas, surveillant au quartier disciplinaire. "Récemment, un détenu a poignardé un autre à la gorge. Avec l'augmentation de la violence et la multiplication des missions, c'est un épuisement total." La France Infos indique que ce climat de tension s'accompagne de conditions de détention déplorables.
Les conditions de vie à la prison de Perpignan sont également préoccupantes : l'établissement est occupé à plus de 250 %, entraînant une situation alarmante où de "117 matelas sont installés au sol", note Nicolas Mas. "Nous sommes souvent en stop-écrou, ce qui signifie que nous ne sommes plus en mesure d'accueillir de nouveaux détenus." La présence de rats et de punaises de lit complique davantage la vie des surveillants, qui pointent du doigt le lien intrinsèque entre leurs mauvaises conditions de travail et celles des détenus. "Si les détenus souffrent, nous souffrons également", conclut la surveillante brigadier-chef. Face à cette crise, il devient impérieux pour les autorités de prendre en compte les revendications des surveillants afin d’améliorer la sécurité et les conditions de travail au sein de la prison.







