Ce vendredi 10 avril, la directrice académique des services de l'Éducation nationale (DASEN) des Hautes-Pyrénées doit officialiser la suppression de dix classes de primaire et d'une dizaine de postes dans les collèges et lycées pour la prochaine rentrée. Cette annonce va toucher de nombreuses écoles, dont les établissements Théophile Gautier à Tarbes, Jules Ferry à Bagnères-de-Bigorre, et plusieurs autres dans des communes comme Odos et Luz-Saint-Sauveur, sauf intervention de dernière minute.
"Dix postes en moins, c'est un chiffre énorme, d'une grande violence", dénonce Jordi Hostein, professeur des écoles et membre du Snuipp-FSU. Selon lui, la volonté du ministère d'ajuster les effectifs en fonction de la baisse démographique entraîne une augmentation du nombre d'élèves par classe, une situation qu'il qualifie de problématique. "Nous pourrions réduire le nombre d'élèves par classe, mais cela n’arrive pas réellement," ajoute-t-il, indiquant que pendant ce temps, les classes de maternelle risquent d'accueillir jusqu'à 32 élèves.
Ecole fermée à Burg et Labatut-Rivière
Les effets de cette restructuration se font particulièrement sentir dans des villages comme Burg et Labatut-Rivière, où la dernière classe d'école est en danger. "Une école qui ferme, c'est un village qui se vide peu à peu," souligne Hostein, en précisant que les familles ne s'installeront pas loin de chez elles si elles doivent parcourir 20 à 25 minutes pour scolariser leurs enfants.
Enseignants à temps partiel
Les impacts des suppressions de postes dans les collèges et lycées, bien que moins visibles, sont tout aussi préoccupants. Frédérique Lemaire du SNES-FSU 65 indique qu'environ une dizaine d'équivalents temps plein disparaîtront en septembre, ce qui force certains enseignants à jongler entre plusieurs établissements, alourdissant leur charge mentale. "Des collègues choisissent de passer à temps partiel pour ne travailler que dans un seul établissement, ce qui impacte lourdement leur salaire et leur bien-être," précise-t-elle.
Ces changements suscitent de vives inquiétudes parmi les parents et les éducateurs, qui craignent que la qualité de l'éducation dans les Hautes-Pyrénées soit compromise à la faveur d'un ajustement budgétaire. La situation soulève un véritable débat sur l'avenir de l'éducation publique dans la région, alors que la population estudiantine continue d'évoluer.







