Alors que plusieurs départements, comme l'Eure et le Gers, ont récemment décidé de revenir à une limitation de vitesse de 90 km/h, les Landes s'accrochent aux 80 km/h imposés depuis le 1er juillet 2018. Cette abaissement, voulu par l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, avait déjà suscité de vives réactions lors du mouvement des « gilets jaunes ».
Les routes des Landes, avec leurs longues portions droites et peu de virages, accueillent à la fois les vacanciers et les utilisateurs permanents. Mais les statistiques semblent décevoir : la mesure n’a pas démontré d’effet significatif sur la sécurité routière à long terme.
« Pas eu d’impact »
« Le passage à 80 km/h n’a pas eu d'impact sur l'accidentologie », avance un rapport du département Gersais, soulignant la nécessité d’adapter la vitesse en fonction non pas de la typologie des routes, mais de leur dangerosité. Et au sein de la commission départementale de sécurité routière (CDSR), des voix plaident pour une dynamique similaire dans les Landes.
Jean Bourgoin, président de l'Automobile Club des Landes, exprime sa préoccupation : « Entre les camions roulant à la même vitesse que des voitures et les jeunes conducteurs, les 80 km/h ne semblent pas apportent la solution en matière de sécurité. Les longues tranches de route favorisent l'hypovigilance des conducteurs, conséquence redoutée par tous. »
« La sécurité routière est primordiale. Je préfère perdre quelques minutes sur la route et revenir sain chez moi »
Du côté des autorités, le département demeure sur sa position. « Aucune route ne remplit les critères pour un relèvement à 90 km/h », décrète Xavier Fortinon, président du département. Cela dit, des conditions plutôt que des obligations sont évoquées pour justifier cette décision.
«C’est au gouvernement de bouger les lignes »
Six ans après la mise en place de cette mesure, le statu quo est toujours de mise. La préfecture, quant à elle, renvoie la responsabilité au département. Olivier Martinez, vice-président chargé de l’aménagement du territoire, illustre cette position : « Qui, en cas d’accident tragique, pourrait assumer la responsabilité ? ». Il ajoute : « Malgré l’augmentation de la circulation, il n’y a pas eu de hausse des décès sur nos routes. »
Concernant les données, elles restent floues. Bien qu’un premier bilan national ait avancé que l’abaissement ait évité 331 morts, la situation semble diverger à long terme. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière, malgré une baisse initiale, la tendance des accidents semble revenir à celle d’avant 2018.
Par ailleurs, au milieu de tout cela, les Landes restent en quête de données fiables pour éclairer leurs décisions sur la limitation de vitesse, continuant de fonctionner parfois dans l’inconnu sur cette épineuse question.







