L'essentiel
Les tensions entre l'ancien président Nicolas Sarkozy et son conseiller Claude Guéant atteint leur paroxysme dans le cadre du procès en appel concernant les financements libyens liés à la campagne présidentielle de 2007. Claude Guéant, absent pour des raisons de santé, a dû répondre par lettres aux accusations de Sarkozy, balançant des accusations à son tour.
La fissure entre ces deux hommes est désormais béante. Depuis l'ouverture de ce second procès le 16 mars 2026, leur relation s'est détériorée, s'acheminant vers un affrontement direct lors des audiences.
En première instance, Sarkozy avait écopé de cinq ans de prison pour association de malfaiteurs, tandis que Guéant avait été condamné à six ans. Aujourd'hui, lors de ce procès en appel, Sarkozy a radicalement changé de stratégie, adoptant une posture offensive contre son ancien bras droit, confirmant ainsi la rupture de leur relation.
Le virage stratégique de Sarkozy : la mise en cause directe de Guéant
Lors des audiences d'avril, Sarkozy a modifié sa ligne de défense pour laisser entendre que Guéant aurait agi de son propre chef, provoquant une vive réaction de son ancien conseiller. "Nicolas Sarkozy a complètement changé de tactique… en essayant de mettre en cause Claude Guéant", a dénoncé l'avocat de Guéant, qui accuse Sarkozy de tenter de se décharger de ses responsabilités.
La riposte immédiate de Guéant : indignation et contre-attaque écrite
En réponse, Guéant a réagi par une première lettre à la cour, dénonçant des accusations atteignant son intégrité. Il s'est défendu, déclarant : "Je n'ai jamais reçu ni sollicité d'argent de quiconque", exprimant sa douleur face à des insinuations qu'il juge graves et infondées.
Le point de bascule : la scène du dîner de Tripoli en 2007
Guéant a détaillé un incident clé : durant un dîner à Tripoli en juillet 2007, Sarkozy lui aurait demandé d'agir concernant le dossier de Senoussi. Cette déclaration contredit frontalement les dénégations de Sarkozy. Guéant affirme qu'il avait été chargé de transmettre ce message, une version qui est en totale opposition à la défense de l'ancien président.
L'escalade : Guéant accuse Sarkozy de mentir à la cour
Dans une récente déclaration à la cour, Guéant a encore durci le ton, réaffirmant que Sarkozy "se trompe" sur des points cruciaux et maintenant sa version des événements du dîner de Tripoli. Avec l'appui de son avocat, qui a ironisé sur les souvenirs sélectifs de Sarkozy, ce moment marque une rupture définitive entre les deux protagonistes.







