Le jeudi 9 avril, Giorgia Meloni a pris la parole au Parlement, tentant de donner un nouvel élan à son gouvernement suite à une défaite cuisante lors du référendum sur la réforme de la justice. Loin d’annoncer un changement de cap, la présidente du Conseil a présenté une vision optimiste de l'Italie, suscitant les moqueries du journal d'opposition Il Fatto Quotidiano.
Sur la une du quotidien, on peut discerner une Première ministre souriante, interprétée comme une provocation envers les Italiens. Il Fatto Quotidiano l'accuse d'avoir “délivré une série de mensonges au Parlement”. Le journal évoque une déconnexion inquiétante de Meloni face aux réalités du pays.
Lors de son discours, Giorgia Meloni a voulu rassurer les parlementaires après la défaite de sa réforme judiciaire. Au lieu d'annoncer des changements radicaux, elle a utilisé cette occasion pour défendre vigoureusement ses actions. L’attente d’une nouvelle direction a été déçue par une apologie de son bilan, selon des sources telles que Le Monde.
Meloni a également écarté toute idée d'élections anticipées, affirmant “Je ne vais pas fuir mes responsabilités” et a insisté sur l'importance de garder une stabilité gouvernementale. Selon elle, terminer son mandat, prévu jusqu'à l'automne 2027, est essentiel pour éviter des troubles politiques supplémentaires dans le pays.
Statistiques en trompe-l’œil
En mettant en lumière une série de succès, Meloni a provoqué un tollé, notamment en ce qui concerne la gestion de l'immigration qu'elle a jugée efficace. Elle a ainsi souligné une baisse des arrivées de migrants, data discutée par Libération, qui s’inquiète d’une déformation des chiffres, mettant en avant des statistiques comparées à une période de crise.
Concernant l'économie, Meloni a annoncé une hausse des salaires, mais les données révélées par Il Fatto Quotidiano indiquent que ceux-ci sont encore en dessous des niveaux d’avant son arrivée au pouvoir en 2022. “Les salaires bruts restent inférieurs de 8% par rapport à 2021”, notent les analysts.
Enfin, en ce qui concerne l'emploi, Meloni a affirmé avoir créé “1,2 million d’emplois stables en plus”. Cependant, ce chiffre est contesté, le journal précisant que cette augmentation résulte principalement de travailleurs âgés retardant leur retraite, ce qui soulève des questions sur la durabilité de cette initiative.
Alors que Giorgia Meloni continue de défendre son mandat, les critiques des observateurs politiques et des médias se font de plus en plus pressantes, révélant une fragmentation croissante au sein de l'électorat italien et un climat d'incertitude palpable.







