Après une forte mobilisation à Paris, la Coordination rurale a déclenché des protestations à travers l'Europe contre le traité Mercosur. Ce pacte, qui opère entre l'Union européenne et des pays sud-américains comme l'Argentine et le Brésil, pourrait créer l'une des plus importantes zones de libre-échange au monde, touchant plus de 700 millions de consommateurs. Le port du Havre était le théâtre de tensions ce weekend, alors qu'environ 150 agriculteurs, équipés de tracteurs, ont mis en place un barrage filtrant pour contrôler le transit des camions.
Ces manifestations visent à s'opposer à des produits importés qui ne respectent pas les normes strictes imposées aux agriculteurs européens. « Nous sommes ici pour empêcher l'entrée de marchandises qui ne respectent pas nos standards », a déclaré Justin Lemaître, représentant des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime. Alors que le trafic portuaire est attendu d'augmenter avec 5000 camions par jour, les agriculteurs veulent assurer un contrôle rigoureux.
La mobilisation ne s'arrête pas là : d'autres actions sont prévues sur l'autoroute A1 et d'autres axes stratégiques, malgré les répercussions sur la circulation. À Bayonne, des agriculteurs non syndiqués ont bloqué l'autoroute A63, ce qui a conduit le préfet à menacer d'un déblocage par la force. La préfecture a également interdit toute manifestation non déclarée, amplifiant la tension sur le terrain.
Cette colère des agriculteurs est exacerbée par l'approbation récente du traité Mercosur par certains pays européens. Selon des experts, ce traité pourrait inonder le marché européen avec des produits agricoles moins chers provenant d'Amérique latine, altérant ainsi la compétitivité des producteurs locaux. La ratification finale de cet accord doit encore passer par un vote au Parlement européen, prévu pour février ou mars prochain. Un rassemblement massif est déjà planifié le 20 janvier devant le Parlement à Strasbourg pour faire entendre la voix des agriculteurs.
Cette situation reflète une inquiétude croissante face à une politique agricole jugée défavorable à l'égard des producteurs français, alors que le gouvernement a tenté d'apaiser les esprits avec un plan d'aides de 300 millions d'euros. Toutefois, cette mesure n’a pas suffi à rassurer les agriculteurs, qui continuent de revendiquer davantage de protections contre des accords qu'ils jugent nuisibles à l'avenir de leur métier. Selon un expert sectoriel, « la prudence et la vigilance sont essentielles pour garantir la durabilité de notre agriculture face à la concurrence étrangère. »







