Bruxelles s'apprête à dévoiler, ce mercredi, un projet visant à simplifier les trajets en train en Europe. Cette proposition concerne un système de réservation unique, obligeant les compagnies à vendre les billets de leurs concurrents via leurs sites internet. Ce projet, répondant à des décennies d'appels pour mettre fin à la fragmentation du réseau ferroviaire européen, est d'une importance cruciale afin de favoriser les déplacements durables, surtout à l'heure où l'Europe peine à adopter le rail comme solution de transport privilégiée face aux enjeux climatiques.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait promis cette réforme ambitieuse au début de son mandat en juillet 2024. Selon des sources proches du dossier, l'objectif est d'encourager la concurrence et de fluidifier l'accès pour les utilisateurs.
Une complexité à surmonter
Vivien Costanzo, eurodéputée allemande, souligne que les réservations actives de voyages transfrontaliers sont aujourd'hui perçues comme « inutiles et complexes ». Pour qu'une véritable alternative aux courts vols soit envisageable, il est nécessaire d'établir des processus de réservation simplifiés ainsi que des droits passagers clairs.
Ce projet pourrait cependant rencontrer une forte opposition de la part des compagnies nationales. Alberto Mazzola, représentant de la Communauté européenne du rail, dénonce une « intervention inédite » de la Commission en matière de concurrence, posant la question de la faisabilité d'une telle obligation.
Actuellement, la majorité des billets de train en Europe sont vendus par des exploitants nationaux. Si cette législation est adoptée, elle permettrait aux voyageurs de visionner et de comparer différentes offres, un besoin urgent révélée par une enquête de YouGov révélant que près de deux tiers des personnes renoncent à voyager à cause de la complexité des réservations.
Les enjeux de la concurrence ferroviaire
Jan-Christoph Oetjen, eurodéputé centriste, rappelle que, avec plus de concurrence, les passagers pourraient bénéficier de tarifs plus bas, en plus d'une amélioration des services. Cette proposition arrive à un moment où les coûts de l’aérien s'envolent en raison des tensions géopolitiques sur le prix du kérosène, positionnant le rail comme une alternative viable.
Victor Thévenet, membre de l'ONG Transport & Environnement, avertit que le rail doit recentrer son récit : il représente seulement 0,3 % des émissions de gaz à effet de serre des transports en Europe. Pourtant, durant la période de 1990 à 2021, le réseau ferroviaire a diminué de plus de 12 000 km, une tendance que les eurodéputés souhaitent inverser.







