Fin février, la mairie d'Auch a émis un arrêté d'évacuation urgent pour un immeuble situé au 1 impasse Brune, un bâtiment en haute-ville affichant des signes alarmants de dégradation. Un mois plus tard, malgré cet arrêté, les résidents demeurent sur place, les alternatives de relogement se faisant désespérément attendre.
La situation est critique, marquée par des fissures visibles, des poutres endommagées, des infiltrations d'eau et une installation électrique défaillante. En dépit de l'arrêté municipal, qui ordonnait une évacuation dans les sept jours suivant le 25 février, les locataires ne semblent pas en mesure de quitter les lieux. Un habitant, contacté par téléphone, confie la difficulté de la situation et explique avoir sollicité l’association Regar pour trouver une solution : "On fait ce qu'on peut. Ça craint," déclare-t-il.
Des démarches entravées
Côté mairie, il est assuré que le dossier est surveillé de près. Une réunion, impliquant l'État, la municipalité, le liquidateur judiciaire et des associations, s'est tenue à la préfecture mi-mars pour tenter de débloquer la situation. Il a été confirmé que la responsabilité de relogement des occupants incombe au liquidateur, la société propriétaire de l'immeuble étant actuellement en liquidation judiciaire.
Reloger des locataires en situation précaire n'est pourtant pas une mince affaire. Certains d'entre eux possèdent des animaux, compliquant encore davantage la recherche d'hébergement, car de nombreuses structures d'accueil refusent les animaux. À cela s’ajoute l'absence de deux anciens occupants, introuvables depuis l'arrêté.
Un risque d'effondrement non immédiat
Malgré la dégradation de l'immeuble, la mairie assure qu'il ne présente pas de danger d'effondrement imminent. Cependant, l'urgence d'une solution de relogement est de plus en plus pressante. Les occupants restés sur place naviguent dans l'incertitude. Un autre locataire mentionne avoir été convoqué à la mairie pour des démarches administratives, sans concrétisation jusqu'à présent : "Si ça s'effondre, on crève dedans," témoigne-t-il.
Le cadre légal
Selon la loi ELAN de 2018, le maire détient le pouvoir d'agir sur les édifices menaçant ruine. L'arrêté de mise en sécurité permet d'ordonner des travaux ou d'imposer l'évacuation. En cas de non-respect de l'ordre d'évacuation, le maire a la faculté d'expulser les occupants sans décision judiciaire et de faire exécuter les travaux aux frais du propriétaire.
Question de relogement
Traditionnellement, c'est au propriétaire d'assurer le relogement des occupants évincés. En cas d'inaction, comme c'est le cas ici, le liquidateur judiciaire se doit de prendre cette responsabilité. Si les deux parties échouent, la commune se voit obligée d'intervenir pour reloger les personnes concernées, avec possibilité de récupérer les frais auprès du propriétaire. Dans des situations extrêmes, la préfecture peut agir via le DALO (Droit au Logement Opposable), garantissant un hébergement décent pour les personnes en situation d'urgence.







