Le célèbre rappeur Gims a été interpellé et placé en garde à vue le 25 mars dernier dans le cadre d'une enquête concernant des affaires de blanchiment d'argent en bande organisée. De nombreuses organisations criminelles semblent avoir infiltré le milieu du rap, soit par intimidation, soit par des méthodes plus insidieuses auprès des artistes.
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Depuis plusieurs jours, Gims est particulièrement discret. Arrêté à l'aéroport Charles de Gaulle, il fait l'objet d'une mise en examen pour blanchiment aggravé. Les autorités soupçonnent le rappeur d'entretenir des liens possibles avec un réseau international de blanchiment d'argent, provoquant une onde de choc chez ses nombreux admirateurs. Un passant commente : "C'est une image déplorable pour quelqu'un qui a une carrière si impressionnante."
Derrière cette immense star se cache aussi un homme d'affaires générant des millions d'euros. Gims a signé un contrat de 20 millions avec une maison de disques, tandis que sa tournée lui rapporte environ 18 millions. Il dispose également d'une marque de vêtements valorisée à 3,2 millions, sans compter ses investissements immobiliers, notamment un complexe de maisons luxueuses au Maroc, qui sont au cœur des investigations judiciaires.
Des spécialistes affirment que Gims possède une dizaine d'entreprises au Maroc, mais aucune ne semble être régie par des normes comptables appropriées. Soufiane Sbiti, directeur de la rédaction de Le Desk, souligne : "Il y a un manque de transparence sur les flux financiers dans ces sociétés. Cela éveille des interrogations."
Des rappeurs menacés par le grand banditisme
Ce n'est pas qu'un simple fait isolé. Le milieu du rap attire des convoitises et de nombreux artistes doivent naviguer entre gloire et dangers. Récemment, le rappeur SCH a été ciblé par des criminels, avec un proche abattu à Montpellier suite à un refus de racket. Des soupçons de lien avec des narcotrafiquants circulent. Parfois, ces connexions existent déjà, comme en témoigne Koba LaD, qui admet son amitié avec des trafiquants notoires. Joan Tilouine, co-auteur du livre "L'Empire, enquête au cœur du rap français", précise : "Il y a des relations inquiétantes entre certains rappeurs et le milieu criminel, ce qui augmente l'appétit des groupes organisés pour cet argent."
Le milieu du rap reste pour l'heure plutôt tapageux sur ces accusations. L'avocat de Gims a pour sa part choisi de ne pas commenter les allégations de blanchiment d'argent.







