L'islamologue suisse Tariq Ramadan a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle départementale de Paris, le 25 mars, après avoir été jugé par défaut dans une affaire de viols sur trois femmes. Cette décision fait suite à la demande d'un mandat d'arrêt à son encontre, alors qu'il se trouvait hospitalisé en Suisse.
Déjà reconnu coupable en Suisse pour le viol d'une femme, Tariq Ramadan était sous le feu des reproches lors de son procès parisien, où il était accusé de viols entre 2009 et 2016 sur trois femmes : un viol avec violences sur Christelle à Lyon, un autre en 2012 à Paris sur Henda Ayari, et un dernier en 2016.
Les plaignantes décrivent des agressions caractérisées. Christelle raconte avoir crié au secours pendant son agression, tandis qu'Henda parle de violences sexuelles qui lui ont été imposées. Selon son témoignage recueilli par BFMTV, elle a notamment déclaré: "Il me donne un coup dans la béquille... je hurlais au secours, et plus je hurlais, plus il cognait".
Des réactions contrastées
Pourtant, l’islamologue, âgé de 63 ans, continue de clamer son innocence, dénonçant ce qu'il considère être des mensonges orchestrés par ses accusatrices. Selon ses avocats, des preuves techniques démontreraient une erreur judiciaire, arguant que Ramadan aurait été piégé, comme l’a rapporté Me May Sarah Vogelhut avant le procès.
Durant le procès, qui s'est ouvert sans sa présence, une expertise médicale a été réalisée pour évaluer son état de santé. Celle-ci a conclu à une stabilité de sa maladie, incitant la cour à juger sans lui.
La présidente Corinne Goetzmann a donc décidé de continuer le procès en son absence et a émis un mandat d'arrêt à exécution immédiate.
Cette affaire, qui a captivé l'attention du public depuis ses débuts, soulève de nombreuses questions autour de la justice et des allégations de violences faites aux femmes, sujet brûlant dans la société actuelle. Face à cette décision de justice, plusieurs experts en droit pénal évoquent un tournant dans les débats sur la loi et l'équité. En effet, cette affaire témoigne de l'évolution de la perception des violences sexuelles dans un contexte où la voix des victimes est de plus en plus entendue.
Le dossier est loin d'être clos, malgré la condamnation de Ramadan, dont les avocats annoncent qu'ils envisagent de faire appel.







