CHRONOLOGIE - L'angoisse s'est intensifiée dans le Sud-Ouest après la tragique annonce du décès d'un nourrisson au CHU de Bordeaux, le 22 janvier 2026. Cet incident, qui a éveillé des préoccupations au sein de la population et a conduit à des actions judiciaires à l'encontre de l'État et des géants de l'agroalimentaire, s'inscrit dans une série d'événements alarmants liés à la sécurité du lait infantile.
L’aventure de Nestlé, avec l’invention de la « Farine Lactée » en 1867, a marqué le début d'une culture du biberon, remplaçant progressivement l’allaitement maternel dans le monde entier. Les années d'après-guerre et le baby-boom ont contribué à une forte augmentation des ventes de lait en poudre. Toutefois, l’histoire de cette marque emblématique est parsemée de scandales éthiques et de crises sanitaires. En 2022, le traumatisme des pizzas Buitoni contaminées à E. coli illustrait une fois de plus la fragilité de la chaîne de production alimentaire, tout comme les accusations persistantes sur le travail des enfants dans ses filières cacao.
Le véritable tournant remonte aux années 1970, lorsque l'ONG War on Want a publié le rapport « The Baby Killer » en 1974, révélant comment le marketing agressif de ces multinationales nuisait à la santé des nourrissons en dissuadant l'allaitement maternel. Selon des estimations de l’OMS et de l’UNICEF, cette stratégie a entraîné la mort d'environ 1,5 million d’enfants chaque année à travers le monde, principalement dans les pays en développement.
L’ère de l'or blanc : quand la rentabilité supplante la sécurité
En France, des crises répétées se sont succédé, comme l'affaire Célia en 2005, où des lots de lait contaminés ont rendu malades près de 140 bébés. Une souche de salmonelles persistait dans une usine de Craon intégrée a posteriori chez Lactalis, menant à des contaminations répétées sur une durée de plusieurs années. Les événements se sont aggravés avec un scandale sanitaire majeur en Chine en 2008, lorsque des producteurs, comme Sanlu, ont ajouté de la mélamine dans le lait en poudre, affectant 300 000 nourrissons.
En 2017, une nouvelle contamination massive a touché l’usine de Craon, entraînant la mise en examen de son PDG. L’Organisation mondiale de la santé a mis en évidence des problèmes de sucres ajoutés dans les laits destinés aux bébés, une pratique que Nestlé a continué à ignorer dans ses marchés du Sud, selon une enquête de Public Eye.
Le scandale éthique du « double standard »
2022 a été marquée par une contamination par la bactérie Cronobacter sakazakii dans l’usine Abbott aux États-Unis, menant à un effondrement des stocks de lait infantile. La situation a pris une tournure dramatique avec le décès d'un nourrisson, présumé lié à cette contamination. En janvier 2026, des alertes européennes concernant des contaminations à la toxine céréulide ont poussé les autorités sanitaires à lancer des rappels massifs, entraînant la faillite de plusieurs marques.
La découverte que Nestlé utilisait systématiquement du sucre et du miel dans ses produits destinés à l'Afrique et à l'Asie a provoqué un tollé, d’autant plus que ces mêmes produits sont vendus sans sucres ajoutés en Europe. Une pétition de plus de 105 000 signatures a été remise au siège de Nestlé avec des demandes concrètes d’égalité de traitement.
Une transparence mise à mal
Le scandale a pris une ampleur considérable dans les jours qui ont suivi, lorsque des familles se sont précipitées vers les pharmacies, provoquant un épuisement des stocks de lait infantile sécurisé. En 2026, la situation est devenue chaotique avec l'annonce d'un décès au CHU de Bordeaux, qui a réveillé le spectre du manque de responsabilité de l'État.
Les preuves s'accumulent, mais la vigilance est nécessaire. Les traitements doivent être améliorés pour garantir la sécurité alimentaire des enfants, car la confiance des parents est en jeu.







