Jérôme Barella, principal suspect dans le meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers, avait déjà été signalé par des autorités américaines pour des comportements pédocriminels, comme l'explique Le Monde dans son édition du 11 juin 2026. Ces alertes, envoyées à l’Ofmin, sont restées sans réponse, illustrant un déficit de moyens au sein de cette unité judiciaire française qui ne compte que 40 enquêteurs.
Comment la justice française a-t-elle pu manquer d'action face à Jérôme Barella ? Des signaux d’alarme avaient été émis, dépassant même les frontières, tout comme l’indique Le Monde. Avant le meurtre de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé le 4 juin dernier, des signalements en provenance des États-Unis avaient été émis.
Le quotidien précise que le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), une référence américaine dans la lutte contre la violence à l'égard des mineurs, avait identifié Barella pour ses comportements suspects en ligne.
Une quarantaine d’enquêteurs seulement en France
Il a fallu que les événements tragiques liés à l'affaire Lyhanna éclatent pour que les services de police revisitent leurs archives, redécouvrant des alertes qui n'avaient jamais été exploitées. Les informations recueillies par le NCMEC, essentielles dans le contexte international, sont envoyées en France à l’Ofmin, mais cette unité est grave mal dotée, devant traiter plusieurs centaines de signalements chaque jour.
Pour dresser un parallèle, environ 800 agents au Royaume-Uni se consacrent à des enquêtes sur la pédocriminalité, alors que la France peine à mobiliser ses ressources en conséquence. Selon des experts du domaine, ce manque de moyens pourrait avoir des conséquences dramatiques dans le traitement des affaires similaires à celle de Lyhanna, permettant à d'éventuels prédateurs de passer entre les mailles du filet judiciaire.
Seules certaines alertes, jugées critiques et impliquant des violences avérées, sont approfondies. Les autres informations, faute d'éléments exploitables et de personnel dédié, s'accumulent sans avoir été correctement traitées, invitant à une réflexion urgente sur les moyens alloués à la lutte contre la pédocriminalité en France.







