Le parquet général d'Aix-en-Provence a officiellement annoncé son intention de faire appel, le 21 avril, des condamnations et de l'acquittement prononcés lors du procès visant plusieurs individus, dont deux chefs présumés de la "DZ Mafia", liés à une affaire de double homicide d'août 2019, en rapport avec des activités de trafic de stupéfiants.
Franck Rastoul, procureur général, a précisé à l'AFP : "Le parquet a interjeté appel principal concernant tous les accusés afin d'assurer une évaluation complète des responsabilités et des peines par la cour d'assises d'appel".
Mi-avril, après plus de trois semaines d'audiences, la cour spéciale d'assises des Bouches-du-Rhône avait condamné Gabriel Ory, un prétendu leader de la DZ Mafia, à 25 ans de réclusion pour son implication dans le double meurtre. En revanche, Amine Oualane a été acquitté, une décision qui a soulevé des interrogations au sein du système judiciaire.
Arrestation de Walid Bara en Espagne
Les commanditaires de ces assassinats, Karim Harrat et Walid Bara, jugé par défaut, ont écopé de 25 ans de prison. Les tireurs impliqués dans le crime, survenu dans un hôtel près de Marseille, ont également reçu des peines allant de 15 à 25 ans de réclusion.
Ces sanctions étaient inférieures aux réquisitions du ministère public qui avait proposé des peines de réclusion à perpétuité pour trois accusés. Walid Bara a été appréhendé en Espagne le jour du verdict, et son transfert vers la France pourrait prendre du temps, selon des sources judiciaires.
Un crime aux racines profondes
Les meurtres jugés se sont produits le 30 août 2019, alors que la DZ Mafia n'existait pas encore. Ce gang s'est depuis imposé sur le marché de la drogue à Marseille et au-delà, suite à des rivalités croissantes qui ont culminé en 2023.
Ce dossier est par ailleurs caractérisé par le fait qu'il met en lumière des commanditaires souvent invisibles et rarement jugés dans ce type d'affaires. L'une des victimes, Farid Tir, un narcotrafiquant de 29 ans, venait tout juste de sortir de prison, ce qui accentue l'hypothèse d'un règlement de comptes dans le cadre de luttes de pouvoir liées au trafic de drogue.







