Que vous souhaitiez établir un compost sur votre balcon ou partager cette initiative avec vos voisins, il est crucial de connaître certaines réglementations. En admettant que ces épluchures ne finissent plus à la poubelle, vous contribuez à diminuer la quantité de déchets incinérés ou enfouis. Lancer un compost peut se faire individuellement, dans un jardin ou sur un balcon, mais aussi à l’échelle collective au sein d’un quartier. Cela rejoint le principe du "compostage de proximité", pouvant générer jusqu'à 52 tonnes de déchets de cuisine par an, équivalent aux déchets produits par 400 à 500 familles.
emplacement : la règle du bon sens
Un compost peut s’implanter dans divers lieux, qu’ils soient publics ou privés, après l’obtention d’une autorisation (mairie, propriétaire, etc.). Il est préférable de l’installer dans un endroit ombragé, à l’abri du vent, mais de manière à ce qu'il soit facile d'accès pour les utilisateurs. Pour éviter tout désagrément, ne positionnez pas le compost sous les fenêtres de voisins. Si cela est possible, discutez avec eux du visuel que vous envisagez pour le site.
À noter. Une réglementation ancienne impose une distance de 200 mètres des habitations pour le compostage industriel. Pour vous en libérer, une simple déclaration à votre mairie suffira.
modèle partagé : un projet à préparer
Avant de vous engager dans un projet collectif, visitez un compost en fonctionnement et échangez avec les responsables pour comprendre leur organisation. Une étape essentielle est de vérifier le nombre de participants motivés, puis constituer une équipe pour garantir le succès du projet. Veillez à identifier l’entité en charge des déchets dans la région et à vous renseigner à son sujet.
À noter. Si votre projet se déroule en copropriété, restez attentif aux dates d’assemblée générale pour pouvoir répondre aux préoccupations concernant le compost.
accompagnement : une démarche recommandée
Chacun peut se lancer dans le compostage, mais un soutien extérieur est vivement conseillé. Certaines collectivités proposent des "maîtres-composteurs" pour accompagner les novices, tandis que d’autres financent des services de diagnostic, d’assistance matérielle ou de formation.
À noter. Rendez-vous sur Reseaucompost.org pour geolocaliser des ressources ou des associations près de chez vous.
éviter les conflits : communication proactive
Anticiper les inquiétudes des voisins, notamment concernant les odeurs ou les nuisibles, est primordial. Un compost bien entretenu ne dégagera aucune odeur ni n’attirera de nuisibles. N’hésitez pas à inclure un voisin réticent comme observateur du projet, afin qu'il puisse signaler tout problème éventuel.
choisir le bon matériel
Pour un compost individuel : privilégiez un lombri-composteur : compact et idéal pour un balcon. Pour un jardin, un compost traditionnel suffit.
Pour un compost partagé : le choix du matériau (plastique ou bois) dépendra des préférences personnelles et du budget. Pour un groupe d’une vingtaine de foyers, envisagez l’utilité de trois bacs de 600 litres chacun pour les apports, la maturation et le stockage de matière sèche.
côté budget
Préparez-vous à investir environ 500€ pour le matériel d’un compost partagé modeste. Le soutien d’un prestataire pour la conception et le suivi la première année est estimé à 1.000€. Dans plusieurs régions, des initiatives existent pour accompagner les particuliers, avec des frais souvent couverts au moins pour la première année.
les 4 obligations fondamentales
- afficher le nom de l’exploitant et des référents sur le site.
- former une personne aux bonnes pratiques du compostage de proximité.
- fournir un stock de matière sèche (carton, papier journal...).
- ouvrir un registre de suivi des actions effectuées.
l’avis d’un expert
Jérôme Sandier, directeur général de DM Compost : "Le compost partagé représente avant tout une aventure humaine. Ne négligez pas l’aspect social du projet, qui peut renforcer les liens dans un immeuble ou un quartier, allant même jusqu’à l’organisation de moments conviviaux comme des apéros-compost."







