Interrogés régulièrement sur la question épineuse de la revalorisation des retraites, les membres du gouvernement tiennent un discours de prudence. À l'approche de janvier 2025, l'éventualité d'une revalorisation limitée, voire d'une absence d'augmentation des pensions, fait débat, motivée par la nécessité de réduire les dépenses publiques.
Comprendre les enjeux : sous-indexation et gel des retraites
Depuis le début de l'année, l'idée d'une sous-indexation ou même d'une désindexation des pensions refait surface, alimentée par le constat d'un trou de 20 milliards d'euros prévu dans les finances publiques. Si le gouvernement optait pour une sous-indexation, cela signifierait une revalorisation des retraites inférieure à l'inflation, contraire à ce que stipule le code de la Sécurité sociale. La revalorisation de janvier 2024, de 5,3%, était alignée sur l'inflation, tandis qu'en 2023, le gouvernement avait déjà anticipé une hausse exceptionnelle de 4% pour compenser l'inflation attendue.
Les déclarations gouvernementales : entre promesses et incertitudes
Répondant à des questions sur la revalorisation des pensions, Gabriel Attal a nié l'existence d'un plan secret de sous-indexation lors de son passage sur France Info. Son collègue, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, a précisé que le budget 2025 restait à finaliser, tout en avouant qu'aucune décision n'avait encore été arrêtée. Ce flou alimente les craintes des retraités, d'autant plus que Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics, a évoqué pour la première fois cette crainte de déficit, rappelant qu'il faudrait envisager des économies conséquentes.
Arguments en faveur d'une possible sous-indexation
Bien que cette option soit dénoncée par l’opposition et des économistes, certains spécialistes en finances publiques considèrent qu’une telle mesure pourrait être inévitable pour atteindre les objectifs budgétaires. La sous-indexation des retraites, par exemple, avait déjà généré 3 milliards d'euros d'économies lors de l'année 2019, où la hausse des pensions fut de seulement 0,3% alors que l'inflation était de 1,6%. Des voix comme celles d'Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet, avancent que cette approche pourrait protéger les finances publiques face à une dette croissante. Cependant, cette idée devrait être appliquée avec discernement pour éviter de pénaliser les retraités les plus modestes.
Un collectif d’économistes a également plaidé pour une désindexation ciblée, en suggérant que les pensions au-delà de 4000 euros ne soient pas revalorisées tandis que d'autres pensions devraient bénéficier d'une revalorisation normale. Ils soulignent une équité nécessaire entre les générations, dans un contexte où le nombre de retraités augmente plus rapidement que celui des actifs.
Rappelons enfin que l’inflation, jugée moins préoccupante cette année, pourrait faire passer une sous-indexation plus inaperçue aux yeux de l’opinion publique, si celle-ci se traduisait par une augmentation moindre des pensions.







