Il avait dit un jour : « Allô, c’est Zani. » Cette phrase, prononcée lors d'une conversation en 2019, résonne encore dans la mémoire de ceux qui ont eu la chance de croiser sa route. Franco Zani, figure emblématique du rugby et du SU Agen, nous a quittés, laissant derrière lui une empreinte indélébile. Trop jeune pour l'avoir vu jouer, beaucoup se souviennent pourtant des récits vibrants de ses exploits sur le terrain, racontés par les plus anciens supporters du club.
Sa rencontre marquante, dans sa maison de vacances en Lot-et-Garonne, révélait non seulement un grand joueur, mais aussi un homme d'une humilité touchante. « Quand j’étais gosse, mon idole, c’était Zani », avait confié un supporter de Béziers, suscitant un sourire ému sur le visage de l’ancien troisième ligne. Zani, avec sa passion et son enthousiasme, évoquait ses débuts rugbystiques, son arrivée d'Italie, et le titre de champion de France qu'il avait décroché aux côtés de Pierre Lacroix, récemment décédé. Le souvenir de leur complicité faisait briller ses yeux, rappelant l'importance des liens au-delà des cibles sportives.
À 80 ans, il revivait sa carrière comme si elle venait de s'achever, détaillant une combinaison tactique d'un passé lointain avec un verre d'eau et un stylo à la main. Dans un monde du rugby en constante évolution, il n'hésitait pas à partager son désenchantement face à ce qu'il considérait comme une perte d'intelligence dans le jeu. Certains anciens compatriotes semblaient l'oublier, ajoutant une touche d'amertume à ses souvenirs.
Le lendemain de notre entretien, Zani nous avait recontactés, ému d'avoir eu la chance de raconter son histoire avant que le temps ne l'emporte. « Je suis soulagé, » avouait-il, témoignant d'une élégance qui dépassait le cadre du terrain. Le rugby français perd un de ses grands monuments, mais Franco Zani restera à jamais gravé dans nos cœurs. Au revoir, Signor Zani.







