Depuis leur installation, plusieurs maires de La France insoumise (LFI) font polémique en mettant en œuvre des directives teintées de politique qui semblent contrarier les principes du service public.
Le 15 mars 2026, Bally Bagayoko, avec sa liste "Ensemble, retrouvons l’espoir", a triomphé aux élections municipales à Saint-Denis, récoltant 50,77 % des suffrages dès le premier tour, représentant ainsi une nouvelle dynamique politique en Seine-Saint-Denis.
À peine installé, le maire a déclaré lors du conseil municipal que « ceux qui ne sont pas en phase avec le projet politique, forcément, partiront ». Une déclaration qui a suscité une vive réaction de la part de David Amiel, ministre délégué à la Fonction publique, rappelant que « aucune autorité municipale ne peut légalement laisser entendre que la situation d’agents communaux pourrait dépendre de leur adhésion aux orientations politiques » (source : Le Monde).
Les tensions autour de la police municipale
Les propos de Bagayoko visaient surtout les agents de la police municipale qu’il projette de désarmer. Après une réaction négative de la population et des médias, il a adouci son discours sur France Inter, suggérant que « les agents municipaux pourraient potentiellement encore avoir des armes à feu » d'ici son départ prévu en 2033. Pourtant, la direction de la police municipale pourrait subir une importante réorganisation avec de nombreux départs.
La Seine-Saint-Denis figurant parmi les départements les plus criminogènes de France, la décision de désarmer les forces de police a été jugée contradictoire par de nombreux observateurs. En 2024, la criminalité y a atteint des niveaux alarmants, avec un risque de 59,27 pour mille pour chaque habitant d'être victime d'un crime ou d'un délit (source : Ville-Data).
Les piliers de la légalité en question
Dans son discours, Bagayoko semble également ignorer le principe constitutionnel de la liberté de conscience inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Ce texte stipule que « nul ne doit être inquiété pour ses opinions », une liberté qui doit s’appliquer tant aux citoyens qu’aux agents publics.
Les agents doivent faire preuve de neutralité et ne peuvent afficher leurs convictions politiques au risque de sanctions. Le ministre a donc mis en garde contre les « décisions d’écarter un agent pour des motifs politiques » qui seraient considérées comme illégales.
Risques de dérives communautaristes
Le scénario qui se dessine à Saint-Denis révèle une montée inquiétante de pratiques communautaristes. Des conseils municipaux dirigés par des élus LFI ont déjà provoqué des controverses : à La Courneuve, un élu a été aperçu avec un voile lors d'un événement officiel, tandis qu'à Creil, une critique virulente a frappé la maire sortante.
La République française, qui se doit d'être une et indivisible, semble mise à mal par ces affrontements. La nécessité de maintenir un service public neutre et universel n'a jamais paru aussi cruciale. Les dérives identitaires des élus mettent en danger le fondement même de cette neutralité essentielle, et il serait peut-être le moment de rappeler, avec courage, ces valeurs fondatrices.







