La chambre régionale des comptes n'y va pas avec le dos de la cuillère dans son récent rapport publié le 23 mars, qui met en lumière la gestion des Jeux Olympiques de 2024 par la Métropole du Grand Paris (MGP). L'évaluation chiffrée s'élève à 241,8 millions d'euros, un montant correspondant à plus de deux ans d'autofinancement pour la collectivité.
Les magistrats ont qualifié certaines dépenses de « démesurément coûteuses », critiquant notamment le système de billetterie, décrit comme « largement dévoyé ». Ce rapport, consulté par Le Parisien, a suscité l'indignation.
La MGP, dirigée par Patrick Ollier, rejette ces accusations, soutenant que les dépenses étaient proportionnées aux enjeux d'un événement de cette ampleur. Pourtant, le rapport évoque deux systèmes distincts de distribution de billets : l'un encadré par une délibération offrant 32 360 billets à 42 euros en moyenne, et un second, géré par le cabinet du président, attribuant 7 186 billets à un tarif élevé de 216 euros, représentant ainsi 52 % des dépenses de billetterie.
Des dépenses qui suscitent l'indignation
Les magistrats ont également relevé des billets offerts à 18 élus pour une valeur totale supérieure à 10 000 euros, la moyenne par bénéficiaire dépassant 3 850 euros. Les agents en poste en juillet 2024, eux, bénéficient en moyenne de 10,8 billets, dont la valeur atteint 1 686 euros chacun. La MGP a, par ailleurs, dépensé 500 « hospitalités » à un prix d'environ 1 230 euros l'unité.
Le rapport met en avant 114 060 euros alloués à des tenues sur mesure pour 32 élus, chaque ensemble coûtant en moyenne 3 560 euros et conservé après les Jeux. En outre, 88 996 euros ont été dépensés pour des voitures avec chauffeur à destination de 34 élus et cadres, malgré des ressources déjà disponibles. Les inaugurations autour du Centre aquatique olympique ont également coûté la coquette somme de 1,4 million d'euros, avec un coût par convive oscillant entre 194 et 1 447 euros.
Patrick Ollier a fermement démenti les accusations de dépenses « somptuaires », justifiant ces coûts par des contraintes de protocole et de sécurité. Il a également souligné l’implication d’une administration métropolitaine comprenant 224 agents durant l'été 2024.







