Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, membre de La France Insoumise (LFI), a récemment été la cible de propos racistes et de commentaires controversés à la suite de son élection au premier tour des municipales. Ce lundi, il a reçu le soutien des ministres de l'Intérieur, Laurent Nuñez, et de la Culture, Catherine Pégard.
Laurent Nuñez a exprimé son indignation sur RTL, qualifiant ces attaques de "ignobles" et déclarant : "Nous sommes ici en France, c'est la République française qui reconnaît tous ses enfants quelle que soit leur origine". Il a ajouté que de telles dérapages étaient inacceptables.
De son côté, Catherine Pégard a condamné les propos tenus sur CNews, affirmant que "la liberté d'expression ne doit pas primer sur les règles de la civilité".
Alors que Bally Bagayoko envisage de porter plainte, il a fait part de son mécontentement quant au silence d'Emmanuel Macron face à ces attaques. "Ce qui est le plus scandaleux, c'est qu'il n'y a aucune condamnation venant de l'Élysée", a-t-il déclaré.
Les tensions ont été ravivées par des commentaires réalisés sur CNews, survenus lors d'une émission discutant de la présidence de Bagayoko. Le psychologue Jean Doridot a comparé le maire à un "chef de tribu", renvoyant à une vision troublante des rôles sociaux en évoquant notre appartenance à la "famille des grands singes".
Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, a dénoncé ce racisme dévoilé, y voyant une analogie inacceptable entre M. Bagayoko et un "singe". Elle a annoncé son intention de saisir l'Arcom, l'autorité de régulation de l'audiovisuel.
CNews, quant à elle, a contesté ces accusations, affirmant que les commentaires avaient été sortis de leur contexte, tout en niant tout propos raciste.
Le Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples) a déclaré son intention de porter plainte et a alerté sur la "normalisation inquiétante" d'un discours raciste. SOS Racisme, représenté par Dominique Sopo, a également exprimé son indignation sur cette dynamique trouble au sein du débat public.
M. Bagayoko prévoit d'organiser un rassemblement samedi prochain devant sa mairie pour défendre les valeurs républicaines face à ce qu'il nomme des "attaques réactionnaires". À noter qu'il a déjà été sujet à une vague de haine sur les réseaux sociaux, notamment par l'extrême droite, suite à une fausse interprétation de ses propos.
Né dans les Hauts-de-Seine, fils d'immigrés maliens, Bally Bagayoko se trouve à la croisée des luttes pour l'égalité et la dignité, face à un climat de tension qui interpelle l'ensemble de la société française.







