« Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français », a déclaré Christophe Barthès, le maire récemment élu du Rassemblement national, dans un message publié sur X (anciennement Twitter). Dans une vidéo accompagnant ses propos, on le voit plier le drapeau européen, une action symbolique qui a immédiatement suscité des réactions.
Élu au second tour avec 40,40% des voix, Barthès a battu son concurrent François Mourad de la liste Divers droite (30,84%) et Alix Soler-Alcaraz de l'union à gauche (28,75%). Ce changement de garniture sur le fronton de la mairie de Carcassonne marque une volonté manifeste de revendiquer une identité nationale forte, dans un contexte où les opinions sur l'Europe et l'immigration se radicalisent, comme l'indique une analyse de Le Monde.
Selon la loi Engagement et proximité adoptée en 2019, seul le drapeau tricolore est obligatoire devant chaque mairie. Bien qu'il soit suggéré que le drapeau européen devrait figurer lors de la journée de l’Europe, son absence ne contrevient pas à la législation actuelle. De plus, en mai 2023, une proposition visant à rendre obligatoire l'exposition des deux drapeaux a été adoptée en première lecture à l'Assemblée, sans succès au Sénat, comme le rapporte l’Assemblée nationale.
Ce geste a donc peu de conséquences juridiques, mais il soulève un débat sur le rôle de l'Europe et les identités nationales, un questionnement auquel la politique française est de plus en plus confrontée. Comme l'explique l'expert en philosophie politique, Jean-Paul Gervais, « cet acte est symptomatique d'une remise en question des valeurs européennes dans certains territoires ».







