C’est l’un des grands paradoxes de la démocratie locale : bien que les intercommunalités détiennent un pouvoir significatif, les citoyens ne sont pas toujours informés des projets de leurs élus lors des élections municipales. Les orientations des intercommunalités varient en fonction de leur taille et des compétences qui leur sont déléguées par les communes.
Ces entités, qui incluent des communautés de communes, d’agglomération et des métropoles, ne sont pas nouvelles. La coopération intercommunale existe depuis la fin du XIXe siècle, s’articulant d’abord autour de syndicats thématiques avant de se structurer autour d’intercommunalités. Selon une analyse de France Info, la loi NOTRe (Nouvelle organisation territoriale de la République) de 2015 marque un tournant en ce sens, cherchant à unifier les efforts territoriaux pour des projets d’envergure.
Un impact direct sur le quotidien
Les intercommunalités influencent directement de nombreux aspects de la vie quotidienne des habitants : des transports publics à l’aménagement du territoire, en passant par le logement. À cette échelle, la vision stratégique des actions publiques se dessine, comme l’indique Les Echos.
Ces structures sont souvent considérées comme le pré carré des élus, notamment des maires. Contrairement aux débats polarisés de la scène politique nationale, les intercommunalités se distinguent par leur capacité à rechercher le compromis. "La construction délibérative du consensus est essentielle ici," souligne Gilles Pinson, chercheur à Sciences Po Bordeaux.
Il met en lumière que les véritables acteurs de la prise de décision en intercommunalité ne sont pas seulement les conseils d’agglomération, mais principalement les maires qui, dans le cadre d’assemblées restreintes, prennent des décisions souvent par consensus.
Défis démocratiques
Cependant, le système pose des interrogations, notamment sur son aspect démocratique. Le mode de scrutin des intercommunalités, basé sur l’élection municipale via la méthode du fléchage, est souvent critiqué. Un débat émerge pour instaurer une élection au suffrage universel direct, comme à Lyon. Ce mouvement peine à progresser, laissant les intercommunalités dans une zone d’ombre démocratique.
En effet, beaucoup de maires restent attachés à ce qu’on appelle le "fait communal" et montrent une réticence à élargir les compétences des intercommunalités, qui sont souvent perçues comme des lieux de ressource en ingénierie et de financements au service des communes.
Dans les grandes métropoles, une vision alternative émerge. Les acteurs locaux souhaitent donner davantage de latitude aux intercommunalités pour aborder des problématiques qui excèdent nos frontières communales, comme l’a rapporté Le Monde. Il s’agit d’un enjeu crucial qui façonnera l’avenir des territoires.







