Jean-Luc Mélenchon continue de captiver ses partisans, tout en suscitant des inquiétudes à droite. Après avoir passé en revue les leçons des municipales, La France insoumise (LFI) fixe son regard sur 2027, avec de nombreuses questions en tête.
"Nous nous mettons en ordre de bataille pour la présidentielle, le lancement de la campagne est prévu d'ici l'été", a déclaré un cadre de LFI à l'agence AFP.
La formation de gauche radicale organise une "assemblée représentative" mi-avril, marquant le coup d'envoi officiel de la préparation pour l'Élysée, avec la candidature de Jean-Luc Mélenchon, sa quatrième à ce poste, qui n'est un secret pour personne.
Les 2,3% obtenus par Fabien Roussel aux dernières élections présidentielles, qui, selon les Insoumis, ont empêché leur leader de progresser au second tour, laisse des traces. Ils craignent une multiplication des candidatures à gauche, tout en espérant établir un duel avec le social-démocrate Raphaël Glucksmann.
Malgré leur approche parfois abrasive envers leurs partenaires de gauche, les Insoumis déploient des efforts pour tendre la main aux communistes et aux écologistes, les deux formations avec lesquelles ils partagent des points d'accord. "LFI et EELV, c'est l'alliance du futur, mais sous certaines conditions", a déclaré Mélenchon récemment.
Au cours de sa campagne municipale, il avait déjà formulé une "offre fédérative" au président des députés communistes, Stéphane Peu, visant à obtenir un soutien pour sa candidature en échange d'accords aux législatives. Toutefois, une alliance de gauche globale, similaire à la NUPES ou au Nouveau Front populaire, semble être à l'arrêt, comme l'a confirmé le leader du PS Olivier Faure.
"Sans accord à la présidentielle, pas d'accord aux législatives. La comédie est terminée", a averti Mélenchon. Ces offres sont mal accueillies par certains au sein des appareils de gauche, où sa personnalité est souvent perçue comme un obstacle. Un responsable écologiste a ainsi qualifié les approches des Insoumis de "drague à coups de tartes dans la gueule".
Du côté du Parti communiste, Fabien Roussel, réélu maire de Saint-Amand-les-Eaux, est pressenti pour conserver la présidence du parti lors de son congrès en juillet et envisager sa propre candidature. Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis, a nuancé l'approche insoumise, soulignant les succès rencontrés aux municipales grâce à un accord départemental avec les communistes.
- Barrage "anti-LFI" -
Disposer d'une forte base électorale au premier tour est essentiel pour LFI afin de mobiliser les abstentionnistes et faire face aux observations de déperdition des voix à gauche. Les résultats des Insoumis dans les banlieues populaires et certaines grandes villes ne suffisent pas à apaiser les tensions.
"Un barrage anti-LFI se met en place", a exprimé un cadre insoumis, précisant qu'aucune solution miracle n'est en vue. Ce barrage est alimenté par des polémiques autour de Mélenchon, en particulier concernant ses remarques jugées inappropriées sur des noms juifs, qui ont renforcé des accusations d'antisémitisme, qu'il dément fermement.
Avant le second tour des municipales, il avait également critiqué le député socialiste Jérôme Guedj, accusé de "pleurnicheries politiciennes" suite à un acte de vandalisme contre son bureau. "Il faut qu'on lui coupe son compte Facebook", a plaisanté un député insoumis, ajoutant que Mélenchon devra s'adapter durant la campagne.







