Le 22 mars 2026, Patrick De Casanove est réélu maire d'Ondres, 25 ans après son premier mandat. Derrière l'image d'un médecin à la retraite, il incarne une pensée politique marquée par des idéaux libéraux et conservateurs. Son discours critique sur l'Union européenne et la gestion de la crise COVID attise les passions.
Âgé de 66 ans, De Casanove annonce avoir été « rappelé » par les habitants, mais le portrait que peignent certains observateurs, comme Muriel O'Byrne, son opposante socialiste, soulève des questions sur le manque de transparence de son parcours.
Retour éclair, mais non sans bagages idéologiques
Avant son mandat de 1995 à 2001, Patrick De Casanove avait déjà tenté sa chance en 1989. Son premier succès lui avait apporté une notoriété locale, mais il avait perdu en 2001 par un vote serré, influencé par l'engagement de personnalités socialistes de premier plan.
Un discours détonnant
Lors de sa campagne, il se définit comme « inclassable », malgré un passé idéologique bien documenté qu'il soigne de présenter comme un pragmatisme non partisan. Mais ses engagements en faveur d'un État minimal et d'une sécurité sociale en concurrence avec le privé sont en parfaite adéquation avec les idées qu'il a défendues à travers le cercle Frédéric Bastiat.
Ce cercle fait la promotion d’une vision libérale de la société, où des figures controversées, comme Charles Gave, sont souvent mises en avant. Ce dernier a commenté sur des sujets aussi polémiques que l'immigration, renforçant ainsi le caractère clivant des idées que De Casanove représente.
De l’élection municipale aux ambitions européennes
Peu abordé durant la campagne, son implication pour les élections européennes de 2024, où il apparait sur une liste proche des idées souverainistes, reflète son souhait de peser plus largement sur la scène politique. Ce parti a d’ailleurs été critiqué pour ses liens avec des mouvements conspirationnistes.
Une gouvernance citoyenne ?
Patrick De Casanove ambidextre, tout en revendiquant des méthodes classiques de gouvernance, propose des référendums locaux pour engager la population dans les grandes décisions. Un élément qui pourrait révolutionner la dynamique municipale, mais qui suscite également un scepticisme parmi les citoyens.
En glissant vers une gouvernance plus participative, il espère, d’ici quelques années, voir Ondres devenir un modèle : « Ils ont élu un maire atypique. On aura du mal à le comprendre au début, mais ça marchera ! » conclut-il.
En attendant, la commune devra se préparer aux défis soulevés par un dirigeant dont les positions, souvent perçues comme extrêmes, continuent de polariser l’opinion publique.







