Fort de près de 57 % des voix, François Baroin célèbre son élection à la mairie de Troyes pour un sixième mandat. Tenant à éviter un second tour opposant Jean-Luc Mélenchon à Jordan Bardella, l'ancien ministre des Finances a surpris peu de monde en remportant ces élections municipales avec brio. Ce succès, ponctué par un score de 56,95 %, témoigne de son ancrage dans la ville et son parti Les Républicains.
Après avoir célébré sa victoire avec ses colistiers, Baroin a montré qu'il ne s'agit pas simplement d'une victoire électorale, mais d'un message fort envoyé à ses adversaires. Son principal concurrent de gauche, Charline Briot, a recueilli 22,05 % tandis que Pierre Brochet, représentant du Rassemblement National, a atteint les 21 %. Malgré la perte de deux sièges au conseil municipal, Baroin contrôle toujours une majorité confortable avec 39 élus sur 49.
Dans ses déclarations après la victoire, il a souligné la difficulté d'être réélu après trois décennies de vie politique tout en partageant sa satisfaction face aux listes concurrentes qui n'ont pas pu le toucher. "Ils ont voulu régler des comptes personnels, mais cela ne leur a pas réussi," a-t-il noté.
L’opposition de gauche satisfaite de ne pas avoir fusionné avec LFI
La défaite de la liste France Insoumise de Sarah Fraincart, qui n'a pas réussi à obtenir des sièges au conseil municipal, a été un soulagement pour Baroin. Il a tenu à rappeler que le climat sécuritaire actuel dans la ville a joué en sa faveur, surtout après les émeutes de juin 2023. "Quand j'ai pris la ville, la gauche était proche de l'emporter. Ce chemin parcouru me permet de rassembler", a-t-il affirmé.
Charline Briot, bien que satisfaite de sa deuxième place et de l’augmentation de ses sièges, se montre tout de même préoccupée par l'abstention qui a atteint un record de 57,77 %. "Nous avons gagné des voix sans fusionner avec LFI, ce qui montre une certaine force", a-t-elle déclaré, regrettant cependant que LFI n'ait pas appelé à voter pour elle.
« La démographie de Troyes ne nous aide pas », reconnaît le RN
De son côté, Pierre Brochet du Rassemblement National se réjouit d'avoir accru son nombre de voix, mais reconnaît que la démographie est un handicap. "Chaque élection demeure un défi ici à Troyes, la ville ne nous aide pas", a-t-il noté, tout en confirmant sa présence au conseil municipal. Il a indiqué avoir mobilisé les électeurs dès le premier tour, visant à construire un rassemblement fort autour de leurs propositions.
Alors que le scrutin a également vu des surprises comme la défaite d'Éric Vuillemin à Romilly-sur-Seine, les résultats ont redessiné certaines tendances dans l'Aube. À Bar-sur-Aube, Philippe Borde a remporté un nouveau mandat, tandis qu'à Arcis-sur-Aube, Charles Hittler a attiré l'attention avec sa réélection.
« Je ne veux pas me réveiller dans un duel Mélenchon-Bardella »
Avec ces succès locaux, François Baroin a des ambitions qui dépassent le cadre de Troyes. En évoquant son futur livre et ses aspirations pour 2027, il souligne l'urgence d'exprimer son avis sur la direction politique du pays. "Je ne veux pas me réveiller dans un an avec un duel entre Mélenchon et Bardella sans avoir fait entendre ma voix. C'est une période décisive pour la France, et je souhaite participer au débat national", a-t-il conclu, conscient des enjeux qui l'attendent.







