En cette année 2023, la ville de Montargis se trouve au cœur d'une controverse qui met en lumière les tensions politiques actuelles. En effet, le traditionnel hommage à l'appel du 18 juin 1940, émis par le général de Gaulle pendant la Seconde Guerre mondiale, sera marqué par non pas une, mais deux cérémonies distinctes.
La première, orchestrée par la nouvelle municipalité du Rassemblement National (RN), sera suivie quelques heures plus tard par un hommage organisé par Jean-Pierre Door, ancien maire et ex-député Les Républicains (LR) de Montargis. À 84 ans, Door, membre actif de l’amicale parlementaire gaulliste, a exprimé sa fermeté face à l’appropriation de cet appel historique par un parti qu’il considère comme opposé aux valeurs gaullistes.
"Que ce soit le parti d'extrême droite qui prenne à son compte l'appel du 18 juin me choque terriblement", a-t-il affirmé, soulignant la méfiance persistante envers le RN. Selon lui, "On ne peut pas se dire gaulliste quand on a été dans l'attaque permanente du général de Gaulle". Door n'a pas manqué de rappeler l'importance historique de cet appel, affirmant catégoriquement : "Cet appel du 18 juin appartient à la famille gaulliste, pas au Front national".
Il a aussi indiqué que le monument érigé en hommage au général de Gaulle à Montargis, construit sous son prédécesseur gaulliste Michel Brisson, résonne avec un héritage qu'il souhaite préserver. "Depuis que j'ai été élu, on a célébré l'appel du 18 juin. Et d'un seul coup, le RN essaie de s'approprier cet héritage", a-t-il conclu.
Pour marquer sa dissociation, Jean-Pierre Door a prévu son propre hommage à 11h30 ce vendredi, sur la place du 18 juin 1940, précédant de quelques heures l'hommage municipal prévu à 18 heures. Il a insisté sur le fait que "Ce n'est pas une contre-cérémonie. C'est notre cérémonie", une initiative qui dénote une volonté de défendre les valeurs historiques du gaullisme contre toute forme de récupération. La situation à Montargis pourrait bien tracer une ombre sur l’histoire politique locale et les mémoires collectives, reflétant ainsi les clivages contemporains en France.







