Après avoir mis un terme à l'ère Viktor Orban, le nouvel élu, Peter Magyar, se trouve confronté à des défis de taille pour honorer la promesse de transformation qui lui a valu sa victoire aux élections législatives du 12 avril. L'hebdomadaire libéral hongrois HVG se penche sur la signification de ce changement radical.
Dans sa publication du 16 avril, HVG titule avec ironie “Histoire magyare” à propos de l'impressionnante victoire de Magyar, qui renverse le conservateur pro-européen Viktor Orban. Ce dernier, une figure marquante de la politique hongroise, est désormais remplacé par un homme qui se présente dans un style inspiré des révolutionnaires anti-Habsbourg de 1848. Avec des lunettes de soleil et un smartphone, Magyar incarne la modernité face à un passé tumultueux.
Des promesses et des attentes
L'éditorial de Marton Gergely prévient : “La récompense de Magyar, c’est d’accéder à un mandat exceptionnel, mais il devra faire face à des défis exceptionnels également”. Son succès dépendra largement de la manière dont il va gérer ses responsabilités et des leçons qu’il tirera d’un passé politique majoritairement axé sur le pouvoir. Magyar a promis qu’il ne se laisserait pas emporter par cette opportunité sans précédent.
Le magazine HVG souligne que Magyar envisage déjà de renverser les nominations des personnes proches du Fidesz, le parti d'Orban, et de limiter les mandats des dirigeants. Cela pourrait-il redéfinir le paysage politique hongrois ?
La survie du Fidesz en question
“Le Fidesz peut-il survivre à cet échec électoral ?”, s'interroge HVG. Les tensions internes au sein du parti se sont intensifiées après sa défaite. Même si Orban pourrait avoir des réticences à quitter la tête du parti, certains de ses colistiers estiment qu'il reste l'unique capable de redresser la formation.
En parallèle, l'échec du Fidesz pourrait avoir des répercussions profondes sur le système de corruption qui a perduré pendant son gouvernement, avec des experts comme Péter Krekó, directeur de l'institut Political Capital, notant que “la loyauté aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du parti risque de s'effriter”.
Une dynamique renouvelée en Europe
Les réactions internationales ne se sont pas faites attendre. Le politologue Ervin Csizmadia souligne que “même les périodes les plus glorieuses finissent par s'éteindre”, évoquant la nostalgie d'un régime qui a perdu son attrait. Ce triomphe de Magyar pourrait également perturber les alliances régionales avec des pays voisins comme la Slovaquie et la Serbie, qui risquent de réévaluer leurs relations avec Budapest.
Alors que les pays occidentaux expriment leur soutien à ce nouveau changement, l'impact sur les relations avec l'Ukraine et la Croatie pourrait ouvrir un nouveau chapitre, suscitant à la fois de l’espoir et des craintes dans la région.







