Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, propose une réforme controversée visant à réduire les délais de jugement par l’introduction du « plaider coupable » en matière criminelle. Des avocats de Bordeaux dénoncent cette initiative comme « incohérente et dégradante ».
Ce mercredi 1er avril, près de 200 avocats se sont réunis au Barreau de Bordeaux, cinquième barreau de France, pour débuter une grève inédite. Stéphane Guitard, le bâtonnier, a expliqué : « Nous soutenons un mouvement national décidé lors de la conférence des bâtonniers ». Un fait marquant dans cette mobilisation.
Le projet de Gérald Darmanin découle d'une réalité préoccupante : la saturation des audiences criminelles et l'allongement des délais de justice. La proposition de « plaider coupable » se veut une solution rapide, permettant aux accusés d’accepter leur culpabilité pour bénéficier d’une procédure accélérée.
Pour les justiciables
Les avocats insistent sur le fait que leur combat n'est pas corporatiste. « Cette réforme ne met pas seulement en péril notre profession, mais aussi les principes mêmes de la justice et les droits des justiciables », a affirmé l’un d’eux.
La vice-bâtonnière, Me Marie Tastet, critique la diminution du rôle des jurys populaires, un héritage fondamental de la Révolution française. « Cette réforme étouffe la voix des victimes », a-t-elle déclaré, se posant comme la « sentinelle de l'État de droit ».
« Ce projet remet en cause les bases de la justice criminelle », affirment-ils.
Les deux responsables poursuivent : « Sous prétexte de simplification, cette réforme met en péril l’équité judiciaire. La rapidité ne doit pas primer sur la justice ». Les avocats prévoient de maintenir leur grève jusqu’au 13 avril, appelant tous les professionnels du droit à demander le renvoi des audiences. Une manifestation est prévue ce jeudi à 13h30 devant la cour d'appel, avec pour exigence le retrait de la réforme de Darmanin.
Réaction du ministère
En défense, le ministère de la Justice souligne que ce projet vise à protéger les victimes, sans retirer de droits à quiconque. « Il offre une voie nouvelle pour juger les infractions criminelles, permettant une issue plus rapide », a déclaré un représentant. Ce projet, selon lui, ne supprime ni la cour d'assises ni les droits des justiciables.







