Mardi 31 mars 2026, le nouveau maire de Carpentras, Hervé de Lépinau, a évoqué sa volonté que la ville se retire de la CoVe, la communauté d'agglomération, à la suite des changements de présidence. Toutefois, la faisabilité de cette aspiration est fortement remise en question.
En réalité, la situation semble peu favorable pour le maire du Rassemblement National (RN). D'un point de vue juridique, quitter la CoVe paraît particulièrement complexe. Depuis la réforme territoriale de 2010, toutes les communes sont tenues de faire partie d'une intercommunalité. Par conséquent, Carpentras ne peut pas simplement se retirer sans intégrer immédiatement une autre entité.
Les lois en vigueur encadrent strictement les retraits. En effet, il est impossible de quitter une communauté d’agglomération si une telle action compromet son équilibre. Ce dernier est défini par des seuils légaux, stipulant qu'une agglomération doit compter au minimum 50 000 habitants et inclure une « ville centre » de plus de 15 000 habitants. Avec une population de 32 000 habitants, Carpentras se trouve dans une position où son départ mettrait gravement en péril les critères légaux de la CoVe.
Une fusion avec une autre intercommunalité ?
Pour le RN, la seule alternative reste de fusionner avec une autre intercommunalité, telle que la Communauté d’agglomération des Sorgues du Comtat, basée à proximité de Monteux. Cependant, cette option n'est pas sans complications : elle requiert un avis préfectoral fondé sur des études d'impact ainsi qu'un consensus entre les deux entités. De plus, il est impératif d'obtenir l'approbation des conseils municipaux d'une majorité des communes concernées, ce qui complique encore davantage la situation.
D'après la législation, la fusion doit être ratifiée par une majorité qualifiée, ce qui implique que soit la moitié des communes représentant les deux tiers de la population en faveur, soit deux tiers des communes représentant 50 % de la population soutiennent cette idée.
En attendant, les élus du RN, bien qu'ayant une minorité de blocage, peuvent entraver un certain nombre de décisions, mais uniquement celles nécessitant une majorité des deux tiers, ce qui ne constitue qu'une infime partie des décisions prises au sein de la CoVe. Cette minorité sert donc plus de levier de pression que de réelle alternative stratégique.
Comme le souligne un acteur politique local, "les enjeux juridiques rendent le départ de Carpentras problématique. Il est crucial de trouver un consensus, mais le chemin est semé d'embûches". L’avenir politique de la ville et sa relation avec la CoVe semblent donc plus que jamais incertains.







