Le Chilien Nicolas Zepeda, dont le procès s'ouvre aujourd'hui, maintient fermement son innocence concernant la disparition de son ancienne petite amie, Narumi Kurosaki, survenue en 2016 à Besançon. Il n'hésite pas à miser sur une défense énergique, malgré des indices particulièrement accablants, qui le lient au féminicide présumé de la jeune femme.
Accusé d'avoir tué Narumi, dont le corps n'a jamais été retrouvé, Zepeda comparaît devant la cour d'assises du Rhône pour une période qui pourrait s'étendre jusqu'au 3 avril. À l'ouverture des débats, il a déclaré : "Je suis innocent, je n'ai pas tué Narumi et je suis ici pour me battre".
Malgré l'absence de preuve matérielle et d'aveux, Nicolas Zepeda a déjà subi deux condamnations à 28 ans de réclusion en 2022, puis en appel en 2023. Cependant, la Cour de cassation a annulé ces verdicts l'année dernière, en raison d'un vice de procédure.
Vêtu d’un blouson sombre et affichant une coupe de cheveux soignée, Zepeda a fait preuve d’aisance lors des audiences, s’exprimant en français avec un léger accent espagnol. Cinq interprètes, spécialisés dans les langues japonaise et espagnole, sont présents pour traduire les débats tout au long du procès.
Bien qu’il nie farouchement les accusations, l'avocat de la famille de la victime a évoqué des éléments "évidents" pouvant suggérer qu'il s'agit d'un "féminicide" planifié, suivi d'un effort pour dissimuler le corps. Selon ses mots : "À aucun moment nous ne vacillons sur la culpabilité de Nicolas Zepeda".
La défense, quant à elle, tente de semer le doute, en affirmant que la présente affaire pourrait ne pas révéler d'éléments nouveaux ni de confessions de l’accusé. "Il semble peu probable que ce troisième procès ouvre la voie à des révélations quelconques", a souligné Sylvie Galley, l’avocate de la famille Kurosaki.
La dernière apparition de Narumi kurosaki
Narumi et Nicolas avaient entamé une relation en 2014 au Japon. Toutefois, au début de l'année universitaire de 2016, Narumi déménagea à Besançon pour des études de français et mit fin à sa relation avec Nicolas, le jugeant trop possessif. La situation a dégénéré en tensions croissantes, caractérisées par des messages parfois affectueux, parfois menaçants.
En fin novembre de la même année, Nicolas se rend à Besançon, prétendant vouloir voir Narumi pour des raisons académiques. Les relevés téléphoniques, ainsi que les témoignages d'étudiants, indiquent qu'il suivait Narumi, même après qu'elle ait trouvé un nouveau partenaire.
La dernière fois qu'un témoin l'a aperçue vivante, c'était le 4 décembre 2016, lorsqu’elle quittait sa résidence universitaire. Cette même nuit-là, des voisins ont rapporté avoir entendu des cris désespérés, décrivant des bruits « comme dans un film d'horreur ». Zepeda prétend que ces cris étaient le résultat d'une rencontre consensuelle entre eux.
Les résultats de l'enquête ont mis en lumière des indices concordants suggérant que le meurtre avait été prémédité par un Zepeda blessé dans son orgueil, selon l’accusation. "Nous pensons qu'il a enterré ou immergé le corps quelque part", a déclaré l'avocat général lors des précédents procès.
Alors que ce troisième procès débute, il demeure des interrogations sur la conclusion de cette tragédie qui a profondément marqué les esprits, à la fois en France et au Japon.







