La Section de recherches à Toulouse représente l'élite de la police judiciaire au sein de la gendarmerie française. Composée d'une soixantaine de gendarmes enquêteurs, cette unité est dédiée à la lutte contre la criminalité organisée, agissant en soutien aux 3000 gendarmes répartis dans huit départements d'Occitanie.
Dans cette section, les spécialistes de la cybersécurité, affectueusement surnommés les "geeks", se penchent sur les enchevêtrements complexes de la cybercriminalité. Avec une maîtrise exceptionnelle dans l'extraction et l'analyse de données numériques, ils scrutent également les méandres du Dark Web. Des faits récents, comme la hausse alarmante de la détention de cryptomonnaies et la lutte contre la pédocriminalité, occupent leurs jours.
Enlèvement, séquestration : un phénomène inquiétant des "crypto-rapts"
Le 23 mars 2026, une femme à Péchabou, près de Toulouse, a été victime d'une agression choc : enlevée, séquestrée et menacée pour ses cryptomonnaies. L'adjudant chef Stéphane Tonelli, de l'unité Cyber, note que ces "crypto-rapts" ont explosé en France ces deux dernières années, avec une quarantaine de cas signalés depuis le début de l'année. "Des victimes sont menacées pour leur codes d'accès à des portefeuilles électroniques", précise-t-il.
Les implications financières de ces attaques peuvent atteindre plusieurs millions d'euros. Les gendarmes conseillent la prudence, notamment en partageant le moins d'informations possibles sur ses possessions numériques. Une collaboration entre la gendarmerie et l'Adan, fédération des entreprises liées à la cryptomonnaie, a été instaurée pour mieux surveiller et prévenir ces risques.
Utiliser des pseudonymes pour traquer les prédateurs sexuels
L'adjudant Aurore Henselmann, membre de l'équipe depuis six ans, lutte activement contre la pédocriminalité en traquant les contenus illégaux sur Internet. Elle souligne que l'accès à ces contenus est de plus en plus aisé. "Ces consommateurs se croient protégés derrière leur écran, mais ils participent à une infraction", met-elle en garde.
Pour rendre ses enquêtes efficaces, elle utilise des techniques d'infiltration sous pseudonyme, se faisant passer pour un jeune sur les réseaux sociaux afin d'identifier les prédateurs. Les rencontres doivent ensuite être soigneusement planifiées pour garantir la sécurité des interpellations.
Informer pour prévenir les dangers
Pour sensibiliser les enfants et les adolescents, l'adjudant Henselmann insiste sur l'importance de suivre les évolutions des réseaux sociaux et des comportements des jeunes. Les contrôles parentaux, bien que nécessaires, ne sont souvent pas suffisants. "Il est crucial d'éduquer les jeunes dès leur plus jeune âge pour éviter qu'ils ne tombent dans des pièges", conclut-elle.







