Dans une excavation impressionnante de 27 mètres de profondeur, 168 mètres de longueur et 79 mètres de largeur, FlexBase élabore un projet qui pourrait bien être l'une des plus grandes batteries de stockage électrique au monde. Cette installation a pour vocation de répondre à la demande d’un futur pôle technologique associant énergie, intelligence artificielle et récupération de chaleur.
Ce vaste projet n’est pas qu’une simple installation: il vise à relever le pari ambitieux du stockage d'électricité issue des énergies renouvelables, comme le souligne FlexBase sur son site. Au regard de la pression croissante pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, l’Europe s’est engagée dans un rapide déploiement des énergies solaires et éoliennes, mais ces sources d'énergie dépendent des conditions climatiques, ce qui complique leur intégration dans le réseau.
La batterie prévue a une capacité de stockage impressionnante, dépassant 2,1 gigawattheures, et pourra délivrer jusqu'à 1,2 gigawatt, une puissance comparable à celle de la centrale nucléaire de Leibstadt, la plus grande de Suisse. Une fois opérationnelle, elle pourrait suffire à alimenter environ 210 000 foyers pendant une journée entière.
De l'électricité convertie en énergie chimique
La technologie déployée repose sur le principe des batteries à flux redox, qui stockent l'énergie non pas dans des électrodes solides, comme les batteries lithium-ion, mais dans des électrolytes liquides. Cette conception permet d'augmenter la capacité de stockage simplement en élargissant le volume des réservoirs, rendant ces batteries particulièrement adaptées aux besoins du réseau électrique actuel.
Le partenariat avec Invinity Energy Systems marque une étape clé pour FlexBase. L’entreprise est reconnue pour sa technologie adaptée aux batteries à flux au vanadium, offrant à la fois sécurité et stabilité.
En phase initiale, la capacité visée est de 1,5 gigawattheure, avec une expansion future vers l'objectif final de 2,1 gigawattheures. Le campus accueillera aussi un centre de données dédié à l'intelligence artificielle, favorisant la recherche et offrant des bureaux pour les entreprises technologiques.
Un élément marquant du site sera la récupération de la chaleur générée par les serveurs informatiques, qui alimentera un réseau de chauffage urbain, contribuant ainsi à l’objectif de réduire les émissions de CO2 de près de 82 700 tonnes sur les trois prochaines décennies.
Le projet pourrait coûter entre un et cinq milliards de francs selon les phases de développement et générer près de 300 emplois dans divers secteurs, comme l'indiquent des estimations du site Swissinfo.
FlexBase ne s'arrête pas à la simple création d'une batterie, mais participe à l'émergence d'un modèle énergétique innovant intégrant stockage, intelligence artificielle et récupération de chaleur, pour des réseaux électriques plus efficaces et résilients.
Le berceau du réseau européen
Choisir Laufenburg n'est pas anodin. Ce site a une place unique dans l'histoire énergétique en tant que point de connexion des réseaux suisse, français et allemand depuis 1958.







